Blog-Notes d'Alain Joyandet

14 janvier 2009

Entretien avec le Président Abdou Diouf

J’ai longuement rencontré hier au ministère, à Paris, le Président Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal et Secrétaire général de la Francophonie.

Ce fut l’occasion de féliciter le Président Diouf pour son inlassable action au développement de la Francophonie, d’évoquer différentes crises politiques africaines, comme en Guinée ou en Mauritanie, l’occasion aussi d’exposer la politique francophone française que j’ai l’honneur de mener sous l’impulsion du Président de la République.

8 janvier 2009

Communiqué de presse : Jérôme PEYRAT nommé directeur de cabinet d’Alain JOYANDET

MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES
Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie
Cabinet du Secrétaire d’Etat

Paris, le 7 janvier 2009

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
JEROME PEYRAT NOMMÉ DIRECTEUR DE CABINET D’ALAIN JOYANDET

Alain JOYANDET, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, est heureux d’annoncer la nomination de Jérôme PEYRAT au poste de directeur de son cabinet.

Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration (ENA) promotion “Jean Monnet” (1990), Jérôme PEYRAT a effectué son stage de fin d’études à l’ambassade de France en Turquie où il s’est formé aux relations internationales et à la diplomatie. Il a rejoint ensuite la direction des relations internationales à la Mairie de Paris avant d’être nommé conseiller chargé de la presse étrangère puis porte-parole adjoint de la Présidence de la République.

Par ailleurs, il est ancien auditeur de l’IHEDN.

Depuis le 6 mai 2007, il était conseiller politique du Président Nicolas SARKOZY chargé des relations avec le Parlement.

Agé de 46 ans, Jérôme PEYRAT est aujourd’hui maire de la Roque-Gageac (Dordogne), sa commune natale. Il est également président de la communauté de communes du
Périgord Noir.

Il succède ainsi à Jean-Marc CHATAIGNER appelé à d’autres fonctions.

5 janvier 2009

Un déplacement fructueux en Guinée

J’ai quitté la Guinée dimanche après m’être vu promettre par la junte, au pouvoir depuis le 23 décembre, que la période de transition du pouvoir militaire serait la “plus courte possible”.

J’ai pu obtenir des nouvelles autorités guinéennes que la période de transition sera la plus courte possible, que les militaires et le gouvernement provisoire de transition ne se présenteront pas à ces élections, et qu’ils s’en iront dès la fin de la transition.

J’ai rencontré samedi le président de la junte et chef de l’Etat, le capitaine Moussa Dadis Camara, le Premier ministre Kabiné Komara ainsi que des membres du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte).

J’ai rencontré dimanche successivement cinq responsables de partis politiques, de la société civile et des syndicats.

Cette transition ne doit pas dépasser la fin de l’année 2009et j’espère l’organisation d’élections législatives et présidentielles irréprochables.

La France et la communauté internationale seront très vigilantes auprès de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour qu’elle ait les moyens de mettre en oeuvre un fichier électoral, condition sine qua non pour que les élections soient organisées.

La junte a pris le pouvoir par un coup d’Etat militaire, peu après le décès du président Lansana Conté, qui dirigeait le pays depuis 1984.

Toutes les opérations actuelles de développement seront poursuivies pour ne pas pénaliser le peuple guinéen, qui a besoin d’assistance en matière de santé, de scolarité, de développement agricole et d’infrastructure.

30 décembre 2008

L’action du gouvernement en faveur des mal logés et des personnes sans-abri

Je voudrais aujourd’hui revenir sur l’action résolue du Gouvernement en faveur des mal logés et des personnes sans-abri.

Les moyens mis en oeuvre pour l’hébergement et le lutte contre l’exclusion ont considérablement augmenté : 1 milliard 117 millions d’euros pour le budget 2009, contre 690 millions en 2001. Avec ce budget, la France est le pays d’Europe qui octroie le plus haut niveau d’aides en faveur de l’accueil des plus démunis.

Le Gouvernement a augmenté les places d’hébergement d’urgence. Les objectifs fixés dans le plan de cohésion sociale 2005-2009 sont pratiquement atteints puisqu’on comptera 100 000 places d’ici fin 2008, soit une place pour chaque SDF. C’est une première.

Le nombre de places en Centres de Réinsertion et de Stabilisation a été porté à 37700 en septembre 2008 contre 31000 en septembre 2006, soit 6700 places supplémentaires.

Le droit opposable au logement, c’était un engagement de Nicolas Sarkozy pris lors du discours de Périgueux en 2006. L’engagement a été tenu : l’Etat a désormais une obligation de résultat.

Le Président de la République a annoncé le 3 décembre à Compiègne que 160 millions d’euros seraient alloués par l’Etat pour améliorer les centres d’hébergement et créer mille nouvelles places d’accueil.

Parce qu’il faut aider les associations qui distribuent de l’aide alimentaire, Nicolas Sarkozy a également annoncé une enveloppe de 20 millions d’euros en 2009 pour leur permettre d’améliorer leurs entrepôts.

Le Président de la République et le Gouvernement sont mobilisés tout au long de l’année pour favoriser l’accès du plus grand nombre à un logement. Comme l’a affirmé avec force Nicolas sarkozy : “Je mettrai en oeuvre la loi sur le droit au logement opposable car je ne veux pas d’une politique de renoncement. Je la mettrai en oeuvre parce que je ne veux pas d’une France dans laquelle on accepte qu’on puisse mourir de froid sur un trottoir.

29 décembre 2008

Déplacement au Sénégal

Je suis ce lundi 29 décembre à Dakar pour annoncer le versement de la première tranche d’un prêt exceptionnel de 125 millions d’euros (environ 82 milliards de francs CFA) de l’Agence Française de Développement au Sénégal.

Ce prêt est destiné à l’apurement des dettes de l’Etat sénégalais. En soulageant la trésorerie des entreprises, il vise à soutenir la croissance et l’emploi dans une conjoncture internationale difficile.

L’adoption de mesures de redressement financier par le gouvernement sénégalais et le bouclage de ses opérations financières, grâce notamment au prêt français, ont permis l’approbation de la revue du programme du Sénégal avec le Fonds Monétaire International (FMI) lors de son conseil d’administration du 19 décembre dernier. Ainsi, le FMI a approuvé la deuxième revue du programme instrument de soutien des politiques économiques (ISPE) que le Sénégal a signé en novembre 2007 ainsi que la mise en place d’une facilité de protection contre les chocs exogènes de 75,6 millions de dollars.

L’approbation de cette revue était une condition du versement de la première tranche du prêt français. La France a voulu réaffirmer sa solidarité historique avec le Sénégal. Elle est confiante dans la poursuite du programme de redressement financier du pays.

L’approbation de la prochaine revue du programme FMI doit permettre le versement du solde du prêt français au cours du premier semestre 2009.

28 décembre 2008

Réforme de notre politique culturelle exterieure

Je souhaite vous informer que nous présenterons début 2009 la réforme de notre politique culturelle extérieure, qui s’inscrit dans le cadre plus large de la modernisation de l’action extérieure de la France.

1/ La promotion de la culture française à l’étranger permet de poursuivre un triple objectif : valoriser les idées et l’expertise françaises dans le débat mondial, promouvoir les industries culturelles françaises, affirmer et moderniser l’image de la France, souvent associée à sa culture et à sa langue. En tant que Secrétaire d’Etat chargé de la Francophonie, c’est mon combat quotidien!

2/ L’enjeu de cette réforme est d’améliorer l’efficacité d’un outil exceptionnel :

- exceptionnel par son ampleur, car le réseau culturel français c’est 149 centres et instituts culturels, ainsi que 230 Alliances françaises.

- 50 000 manifestations culturelles montées partout dans le monde chaque année ;

- 400 000 lecteurs inscrits dans nos médiathèques, 8 millions de prêts consentis et 1 million de livres nouveaux envoyés chaque année dans le réseau ;

- 640 000 étudiants inscrits à des cours de français soit une augmentation de 23% par rapport à 2004 pour nos centres et instituts et de 8% pour les Alliances françaises.

- Plus de 20 millions de personnes dans le Monde participent ou assistent directement tous les ans à des opérations soutenues par Culture France.

- 260 000 étudiants étrangers en France en 2007 (4ème rang mondial), dont plus de 18 000 boursiers.

- exceptionnel aussi par la qualité et le dynamisme des personnes qui y sont impliquées et qui font vivre et évoluer nos programmes et les ouvrent à de nouvelles coopérations avec les institutions culturelles, les artistes, les écrivains, les universités, les collectivités locales et les entreprises de France comme des pays partenaires.

3/ La modernisation passera notamment par le développement, et vous savez combien j’y suis attaché, à partir de l’actuelle association CulturesFrance, d’une agence culturelle au statut d’établissement public. CulturesFrance, dès l’exercice 2009, gérera l’ensemble des programmes de notre action culturelle extérieure mis en œuvre depuis Paris, avec un budget de 28,3 millions d’euros, dont 21 apportés par le ministère des Affaires étrangères et européennes, malgré les contraintes budgétaires.

26 décembre 2008

Une pensée pour…

En ce lendemain de Noël j’ai à cœur de vous parler du magnifique ouvrage publié par Reporters Sans Frontières.
Cette année se sont 100 photos offertes par le photographe français d’origine iranienne Reza.


Photo Reza pour RSF

Il parcourt le monde depuis plus de vingt ans. Véritable “pèlerin de l’authenticité”, il sait capter les regards, la lumière et la mémoire des destins qu’il croise au fil des pays traversés. Collaborateur du prestigieux National Geographic, il est aussi le fondateur de Aina, une association d’entraide aux médias afghans. Iranien en exil basé à Paris, Reza a passé trois années en prison, arrêté par la Savak, la police politique du Shah pour ses images. En 1981, il est condamné par les mollahs de la République Islamique au nom de ses photographies dénonçant les exactions du nouveau régime.

Je souhaite également que Patrick Bourrat, journaliste talentueux décédé le 22 décembre 2002, ne soit pas oublié. Son association “Pour que l’école continue” est là pour nous rappeler combien il manque à la profession et combien son engagement en faveur de l’éducation des plus pauvres a un sens.

15 décembre 2008

L’accord sur le climat : historique!

Je m’associe à mon collègue, Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable qui a qualifié de “décision historique” pour la planète l’adoption par le sommet européen des chefs d’Etat du plan climat.

C’est une décision historique: pour la première fois, des pays décident d’un véritable changement pour la planète avec un système extrêmement précis et opérationnel de contraintes et d’évaluation pour chacun.

C’est un signal puissant: on est sorti de la déclaration politique pour entrer dans l’opérationnel.

Les Européens s’engagent ainsi fermement sur un objectif de réduction de 20% de leurs émissions de gaz à effet de serre, au moment où la conférence de Poznan sur le climat adopte son calendrier de travail pour aboutir à un nouvel accord global contre le réchauffement fin 2009 à Copenhague.

La coopération française dont l’une des missions est bien de veiller à ce que les écosystèmes des pays les plus pauvres soient protégés (biodiversité, bois, terres, eaux…), est heureuse de de constater que ces pays n’ont pas été oubliés lors de la négociation.

Prochaine étape: Copenhague en 2009 où les accords post-Kyoto seront discutés, l’avenir de la planète bleue est en jeu…

Je félicite le Président de la République pour cet accord historique intervenu en clôture d’une Présidence française de l’Union européenne qui marquera l’Histoire.

11 décembre 2008

Question d’actualité- Compte-rendu

Question de la Sénatrice Christiane KAMMERMANN (Français établis hors de France)

Ma question s’adresse à Monsieur le Secrétaire d’Etat Chargé de la Coopération et de la Francophonie.

Alors que la crise financière sévit dans nos économies occidentales, il est impératif de prendre en compte, dans le contexte de globalisation que nous connaissons, les impacts de la crise financière sur les pays du Sud et notamment en Afrique.

D’ailleurs, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont mis en garde récemment et officiellement les pays en développement contre les graves conséquences de la crise financière internationale.

En effet, alors que les pays en développement ne sont aucunement responsables de la crise actuelle, ils vont en payer les conséquences.

Je pense notamment à la raréfaction globale du crédit, au ralentissement des flux d’investissements directs étrangers et à la baisse du cours des matières premières.

Certes, il est prévu que la croissance africaine continuera en 2009 à un rythme de 4 à 5 % mais cela représente une baisse de 2% par rapport à 2008.
Or chaque point de croissance perdu est un recul majeur dans la lutte contre la pauvreté et une catastrophe humaine pour les pays du sud.

A court terme, ces pays auront aussi besoin, comme les pays plus développés, de plans de relance.
Mais contrairement à nous, ces Etats ont moins de marge d’action budgetaire.

S’il est clair que les pays du Sud doivent assumer leur part de responsabilité dans le développement, à commencer par la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des fonds publics, les pays développés, plus que jamais, ne peuvent se dérober aux leurs en matière l’aide publique au développement.

Il est crucial de mettre l’accent sur le soutien à une croissance durable, à la réduction de pauvreté et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Dans ces conditions, Monsieur le Secrétaire d’Etat Chargé de la Coopération et de la Francophonie, les pays donateurs et en particulier la France changeront-ils leur attitude sous prétexte que la priorité est désormais consacrée à la situation intérieure ?

Quelles mesures la France compte elle prendre pour aider les pays du Sud et en particulier l’Afrique ?

Réponse

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Sénateurs,
Madame la Sénatrice,

Soyons transparents : la crise financière, avec la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’energie, va se traduire par un ralentissement de l’économie mondiale qui touchera forcément l’Afrique.

Les mesures de sauvetage et de relance des économies développées sont une 1ère étape pour aider le Sud. Soutenir la conjoncture au Nord, c’est notamment
- éviter un effondrement du cours des matières premières exportées par le Sud.
-dégager à terme les recettes permettant le respect des engagements en matière d’Aide Publique au Développement

Faisons en sorte d’éviter une dépression, comme ce fut le cas lors de la crise de 1929 dont l’Afrique ne s’est remise, rappelons le, qu’après la 2nde guerre mondiale.

Mais venons-en aux réponses proprement à destination des pays du Sud. Je vois trois types de réponses :

1/ Plus que jamais notre aide doit être pérenne. Nous devons renforcer encore plus son efficacité et maintenir nos engagements financiers. Un de nos succès dans le cadre de la PFUE est d’avoir réussi ces deux objectifs lors des Sommets Internationaux d’ Accra et de Doha.
Nous avons ainsi rappelé solennellement que notre aide au développement serait maintenue et que nos objectifs en la matière seraient atteints.

2/ Nous devons aussi innover et aller au-delà de notre aide traditionnelle. En ce sens, la France a, notamment introduit des prêts dont le remboursement s’ajuste en fonction de la situation financière du pays.

Et j’invite tous nos partenaires, et notamment les banques multilaterales de développement, a introduire des mécanismes flexibles permettant d’aider les pays à résister aux chocs.

Ces solutions innovantes doivent être en soutien de nos politiques classiques que nous devons renforcer. C’est dans cette logique qu’un Milliard d’euros de financement par l’AFD sera consacré à l’agriculture, source majeur d’emploi dans les pays du sud.

C’est également ce qui incite l’Europe à consacrer 1Milliard d’euros additionnel à la sécurité alimentaire.

Je souhaite que les Accords de Partenariat Economiques soient finalisés avec un souci de promotion de l’agriculture qui passe par le développement de marchés régionaux, protégés si besoin. C’est ce que j’appelle mettre de la PAC en Afrique.

3/ Enfin la crise est aussi une crise structurelle et les réponses doivent être structurelles. Le monde change et LE monde du développement change. On ne peut pas continuer à gérer le monde du développement et l’économie du XXIe siècle avec les instruments de l’économie du Xxe. C’est l’initiative que le Président de la République ne cesse de défendre au sein du G8 et du Conseil de sécurité notamment.

Nous réfléchissons ainsi à un nouveau Bretton Woods avec une vision rénovée du développement. Nous avons également commencé à arrimer les pays émergents à la gouvernance mondiale avec le G20.
Les Pays en développement ont aussi leur place. C’est la conférence internationale sur le financement du développement de Doha qui vient d’avoir lieu et à laquelle Nicolas SARKOZY à participer.

Je tiens à le souligner : il était le SEUL Président des Pays du Nord présent. Je crois que ce symbole, tout comme l’accueil reçu par le Président à Doha, sont les meilleures preuves de l’engagement de la France en faveur du développement, en faveur de l’Afrique, en faveur des plus démunis, même en temps de crise.

Question d’actualité au Sénat

Quelques mots pour vous dire que je réponds cet après-midi à une question d’actualité de la Sénatrice Christiane KAMMERMANN
(Français établis hors de France) sur la politique française d’aide au développement et sa réponse à la crise financière qui ne manquera pas de toucher les pays les plus pauvres, notamment d’Afrique.

Rendez-vous sur Public Sénat à 15h40, et dès 16h sur ce blog, pour en connaître le contenu!

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