Je vous propose aujourd’hui de retrouver mon interview parue dans “Le Parisien” le 20 février à propos de la situation au Niger.
La France veut des “élections libres” au Niger
Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la coopération
Le pustch semble avoir réussi au Niger où le président déchu Mamadou Tandja est retenu dans une caserne. Les 1700 français présents sur place sont toujours priés de rester chez eux. Mais à l’image d’Alain Joyandet la France espère un rapide retour au calme et réclame des élections.
Vous attendiez-vous à ce coup d’Etat ?
Alain Joyandet. Non. même si, après deux mandats dont le bilan était positif, Mamadou Tandja avait pris, en 2009, des décisions politiques contestées. Cela l’avait isolé. En août dernier, il avait organisé un référendum qui avait suscité une vive opposition, pour prolonger son mandat de trois ans. La France condamne par principe toute prise de pouvoir illégale, tout comme les organisations africaines. Personne n’anticipait une prise de pouvoir militaire cette semaine. Ce n’est pas la première fois que l’armée intervient au Niger pour permettre l’organisation d’élections libres. Je vous rappelle que Mamadou Tandja, qui est militaire, est lui-même arrivé au pouvoir dans un contexte similaire il y a un peu plus de dix ans.
J’espère maintenant que des élections libres et transparentes pourront être organisées dans les prochains mois.
Les Français sont-ils en sécurité ? Est-il prévu une évacuation en cas de dégradation de la situation ?
Il n’y a pas eu de dérapage violent. Selon mes informations les rues de Niamey sont calmes, comme celles de la province. Les commerces sont ouverts.
L’administration fonctionne. Par prudence, l’ambassade et le consulat ont recommandé à nos 1700 ressortissants de limiter leurs déplacements. Sous la houlette de Bernard Kouchner, le centre de crise fonctionne parfaitement : la communication est fluide avec nos compatriotes qui, restent confiants.
Ce coup d’Etat compromet-il l’approvisionnement en uranium de la compagnie française Areva, leader mondial dans le nucléaire civil ?
Les militaires qui ont pris le pouvoir ont affirmé qu’ils respecteraient les traités et conventions signés par le Niger. Il n’existe donc aucune raison de craindre que le partenariat à long terme qu’Areva a construit avec l’Etat nigérien et les populations locales soit perturbé. Dans l’immédiat, je préfère m’inquiéter de la sécurité alimentaire, très fragile dans ce pays sahélien. Les récoltes ont été mauvaises cette année et plusieurs millions de personnes sont menacées de famine dans les mois à venir.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel





