Blog-Notes d'Alain Joyandet

18 janvier 2012

Le sommet pour l’emploi adopte des mesures fortes en direction des jeunes !

Alain Joyandet remet son rapport "Emploi des jeunes - Grande cause nationale" au Président de la République jeudi 12 janvier 2012.

Le sommet pour l’emploi qui s’est tenu ce matin à l’Elysée sous la direction du Président de la République a débouché sur des annonces capitales de Nicolas Sarkozy, dont je me félicite. La situation économique actuelle et la montée du chômage nécessitaient des mesures fortes et rapides pour maintenir le plus possible les salariés dans l’emploi et assurer aux chômeurs une formation la mieux adaptée possible aux besoins des entreprises.

Par ailleurs, je me félicite tout particulièrement de la priorité mise sur l’emploi des jeunes. Le dispositif, que j’ai proposé dans mon rapport « Emploi des jeunes – Grande cause nationale » remis au Président de la République jeudi 12 janvier, d’exonération totale de charges pour toutes les entreprises de moins de 10 salariés embauchant un jeune de 16 à 25 ans pourrait rapidement déboucher sur la création de 50 000 emplois dans le secteur privé. En outre, le grand plan d’avenir annoncé par Nicolas Sarkozy sur l’apprentissage devrait permettre à des centaines de milliers de jeunes à la recherche d’une formation de pouvoir enfin trouver leur voix, et obtenir, à terme, un emploi stable.

Télécharger le communiqué de presse

23 juin 2010

Pour les femmes chefs d’entreprise

Je suis très heureux de recevoir ce soir à 18h15 les dix-huit chefs d’entreprise africaines en formation à l’Ecole Nationale de l’Administration (ENA).
Un point presse se tiendra à cette occasion à 18h45 au Secrétariat d’Etat (27 rue de la Convention, 75015).
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme « Genre et économie en Afrique, les femmes actrices du développement », volet économique du Plan d’action en faveur de  l’autonomisation des femmes en Afrique que j’ai lancé en décembre 2008 et doté de 30 millions d’Euros sur 3 ans.
Ce programme vise à renforcer l’autonomie économique, personnelle et décisionnelle des femmes en Afrique subsaharienne francophone et à promouvoir l’égalité des sexes au sein des filières économiques et, plus généralement, au sein de tous les espaces de gouvernance.

En partenariat avec le Ministère des Affaires Etrangères et Européenne, et avec le soutien de Terrafemina, l’ENA accueille pendant trois semaines ces femmes d’affaires du Burkina Faso, Mali, Togo, République Démocratique du Congo, Cameroun, Sénégal pour les former au techniques de management et leur faire rencontrer des représentants français d’organisations professionnelles ainsi que des femmes issues du monde politique.

8 juin 2010

Résolution de la Commission de l’Océan Indien sur la situation à Madagascar

Aujourd’hui, à Saint Denis de la Réunion, la Commission de l’Océan Indien (COI), dont j’assure pour encore quelques heures la présidence, s’est accordée avec les Ministres des Affaires Etrangères mauricien, comorien et seychellois sur la résolution suivante au sujet de la situation à Madagascar :

«  A l’occasion du 26ème Conseil des Ministres de la COI, les Ministres représentant les Comores, la France, Maurice et les Seychelles ont eu à débattre de la situation malgache.

Compte tenu notamment des impacts économiques et sociaux de la crise institutionnelle malgache sur la population et ses répercussions sur les îles voisines, ils appellent à un retour rapide à l’ordre constitutionnel à Madagascar.

Ils prennent acte de l’engagement pris le 12 mai 2010 par M. Andry Rajoelina, président de la H.A.T., conformément à la demande de l’Union Africaine de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Ils appellent à des élections présidentielle et législative libres, ouvertes et transparentes à Madagascar, le plus rapidement possible, en respectant les critères internationaux en la matière afin de permettre leur soutien et leur reconnaissance par la communauté internationale.

Ils mandatent le Secrétaire Général pour apporter le soutien de la COI au processus de sortie de crise et se joindre aux facilitateurs internationaux du processus électoral en cours. »

La Commission de l’Océan Indien est composée de cinq pays membres : Madagascar, Maurice, l’Union des Comores, les Seychelles et la France/Réunion.

7 juin 2010

Signature de l’accord-cadre sur la co-gestion de l’Ile de Tromelin entre la République mauricienne et la France

Ce matin à Port-Louis, j’ai signé avec le Ministre mauricien des Affaires Étrangères, M. Arvin Boolell,  un accord-cadre sur l’île Tromelin.

Celui-ci met en place, entre la République de Maurice et la France, une co-gestion économique, scientifique et environnementale de l’île et de ses espaces maritimes environnants.

Cet accord historique est assorti de trois conventions techniques portant sur la pêche, la protection environnementale et la recherche archéologique.

L’île Tromelin fait partie de l’archipel des îles Eparses, qui constituent une des collectivités françaises d’Outre-Mer.

Le Ministre mauricien a salué une « solution durable » au « contentieux amical » entre les deux pays.

Cet accord clôt une négociation entamée en juin 2008 par le Président de la République, M. Nicolas Sarkozy et le premier ministre mauricien M. Navin Ramgoolam à Paris.

L’accord de Tromelin pose des modalités de co-gestion entre les deux pays. Il permet de dépasser un contentieux sans pour autant qu’aucune partie ne renonce à ses revendications. Il illustre donc une approche pragmatique et constructive prometteuse pour l’Océan Indien.

En écho, le Dr Arvin Boolell a indiqué que « cette signature témoigne de l’esprit fraternel qui lie Maurice et la France et également de leur souci commun de valoriser Tromelin ».

Il souhaite néanmoins que la question de souveraineté de l’île Tromelin soit résolue dans un proche avenir.

4 juin 2010

Bilatérale avec la République de Maurice & 26è session du Conseil des Ministres de la Commission de l’Océan Indien (COI)

A l’occasion d’une bilatérale avec la République de Maurice, je me rendrai lundi 7 juin à Port-Louis, puis,  le mardi 8 juin à St Denis de La Réunion pour la 26ème session du Conseil Ministériel de la Commission de l’Océan Indien.

Au cours de ce déplacement, je signerai avec le Ministre des Affaires Etrangères Arvin Boolell, l’accord-cadre sur la co-gestion économique, scientifique et environnementale relative à l’île de Tromelin et à ses espaces maritimes environnants.

Je m’entretiendrai avec le Premier Ministre mauritien Navin Ramgoolam puis je visiterai le siège de la Commission de l’Océan Indien en compagnie du Secrétaire Général Callixte d’Offay dans l’après-midi.

La signature de l’accord-cadre Tromelin pourrait permettre de mettre un terme au contentieux de souveraineté entre les deux pays et achever un processus de négociations en trois étapes initié en décembre 2008.

Cette année, la réunion des Ministres des Affaires Etrangères de la Commission de l’Océan Indien se tiendra sous ma présidence (présidence annuelle tournante).

Le Conseil des Ministres, organe décisionnel de la COI, offre l’occasion aux ministres des Etats membres de se réunir tous les ans pour échanger sur des sujets politiques d’intérêt régional, faire le bilan des actions menées durant l’année écoulée et arrêter le programme d’actions de la COI pour la présidence suivante.

Parmi les points inscrits à l’ordre du jour, seront notamment examinés :

  • la lutte contre la piraterie maritime
  • l’amplification de la coopération économique et des échanges commerciaux inter-îles
  • la mise en œuvre de la stratégie régionale pêche et aquaculture
  • la coopération sur la santé et la sécurité alimentaire
  • le renforcement du partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF)
  • la situation institutionnelle malgache.

Outre les Etats membres (Comores, France/Réunion, Madagascar, Maurice et Seychelles), seront représentés les principaux bailleurs de fonds et les partenaires de la COI.

2 juin 2010

Déplacement à Bordeaux

Je me rends ce mercredi soir 2 juin 2010 à Bordeaux pour la 2ème édition de la convention d’affaires AFRICA FRANCE BUSINESS MEETINGS.

L’objectif de cette convention est de prolonger les discussions autour du volet économique et responsable du développement de l’Afrique, initiées à Nice lors du Sommet Afrique-France, et notamment de :

  • faciliter la rencontre entre dirigeants d’entreprises africaines et françaises (grosses et moyennes entreprises)
  • promouvoir les savoir-faire
  • appréhender les potentiels de développement économiques, juridiques, sociaux et environnementaux du continent africain

Les participants :

  • 26 pays africains représentés – anglophones, lusophones et francophones
  • 150 dirigeants africains
  • 80 dirigeants français
  • Les secteurs représentés : agroalimentaire, biens de consommation, industrie du textile, énergie, TIC, informatique, transport, banque et finance, bâtiment et travaux publics, industrie, industrie médicale et pharmaceutique, services aux entreprises

Je prononcerai un discours lors d’un dîner organisé au Château Laffitte-Langens à 20h, en compagnie du Vice-Ministre du Commerce de la République d’Angola.

8 avril 2010

La célébration du 50ème anniversaire des indépendances africaines

Construire un partenariat franco-africain résolument tourné vers l’avenir

L’année 2010 marque le 50ème anniversaire de l’accession à l’indépendance des anciens territoires africains sous administration française.

A la demande du Président de la République, Jacques TOUBON a coordonné la préparation des événements marquant cette célébration du côté français pour que toutes les dimensions de nos liens avec l’Afrique soient prises en compte.

Près de 250 manifestations dans le domaine culturel, historique, sportif, artistique et économique, soutenues et co-financées par l’Etat, auront lieu tout au long de l’année, en France et en Afrique, sans compter les nombreuses manifestations de la société civile qui seront également labellisées.

Un des moments les plus importants sera l’hommage rendu le 14 juillet aux soldats africains qui ont contribué à libérer la France, avec le défilé de détachements africains sur les Champs Elysées.

Cette célébration marque notre volonté de construire un partenariat franco-africain résolument tourné vers l’avenir.

Quel est le sens de cette commémoration ?

Le Gouvernement a souhaité que cet anniversaire prenne en compte à la fois la portée historique de l’événement, mais aussi la réalité des relations rénovées que la France entretient aujourd’hui avec l’Afrique telles qu’elles ont été fixées par le Président de la République dans son discours du Cap en février 2008.

Pour que toutes les dimensions de nos liens avec l’Afrique soient prises en compte, Nicolas SARKOZY a confié à Jacques TOUBON la mission de coordonner l’ensemble des célébrations qui auront lieu côté français, en étroite concertation avec les autorités des 14 pays concernés (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo).

Quels sont les objectifs fixés à la mission de Jacques TOUBON ?

La mission confiée à Jacques TOUBON répond à 3 objectifs principaux :
Célébrer notre histoire et notre mémoire communes et la densité de nos liens avec l’Afrique. Ceci passe notamment par un hommage rendu aux anciens combattants africains qui ont répondu à l’appel lancé par le Général de GAULLE et qui ont largement contribué à la libération du territoire national.

Valoriser l’Afrique en France et les Français d’origine africaine dont beaucoup sont à l’origine des multiples initiatives prévues dans le cadre du cinquantenaire.

A plus long terme, réfléchir à la modernisation de notre relation avec l’Afrique. C’est le sens de la nouvelle formule, plus ouverte et plus en interaction avec les sociétés civiles, du prochain sommet Afrique-France qui se tiendra à Nice les 31 mai et 1er juin prochain. C’est également le sens de la signature de nouveaux accords de partenariat de défense avec 8 pays africains qui ont pour objet de contribuer à l’émergence d’une véritable architecture africaine de paix et de sécurité.

Et concrètement ?

De nombreuses manifestations dans les domaines culturel, historique, sportif, artistique et économique auront lieu tout au long de l’année : plus de 250 projets vont être réalisés, en France comme en Afrique.
Parmi ces projets, un des moments les plus importants sera l’hommage rendu le 14 juillet prochain aux soldats africains qui ont contribué à libérer la France, avec le défilé de détachements africains aux côtés de l’armée française sur les Champs Elysées.

1 avril 2010

La mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle

Une réforme majeure largement engagée

La loi du 24 novembre 2009 a réformé en profondeur notre système de formation professionnelle avec deux objectifs : (1) mettre en place un système plus juste et davantage tourné vers ceux qui en ont le plus besoin et (2) faire de la formation professionnelle un outil au service du retour à l’emploi.

Quatre mois après la promulgation de cette loi, Laurent WAUQUIEZ a dressé le 31 mars en Conseil des ministres un bilan de sa mise en œuvre. Celle-ci se déroule conformément au calendrier prévu :

- Le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels est en place : doté de 1 Md€, il contribue à l’objectif de former 500 000 salariés peu qualifiés de plus et 200 000 demandeurs d’emploi ;

- La réforme des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) avance à bon rythme ;

- Le contrôle de l’État sur les organismes de formation va être renforcé pour garantir pleinement la qualité des formations.

Pourquoi avoir réformé notre système de formation professionnelle ?

La formation professionnelle, c’est la garantie offerte à chacun de pouvoir rebondir vers un nouveau métier ou d’acquérir de nouvelles compétences pour évoluer dans sa carrière. C’est un moteur de notre ascenseur social, et c’est aussi un vrai atout pour la compétitivité de nos entreprises, qui bénéficient de salariés mieux formés et plus performants.

Mais notre système de formation professionnelle fonctionne de manière trop inégalitaire, au détriment des salariés les moins qualifiés, et selon une logique cloisonnée basée sur les secteurs professionnels. Sur la base de ce constat, le Gouvernement a réformé notre système de formation professionnelle avec la loi du 24 novembre 2009 relative à l’orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie. Cette loi, c’est 80 mesures concrètes articulées autour de 3 priorités :

- Cette réforme ambitieuse met la formation professionnelle au service de ceux qui en ont le plus besoin, les demandeurs d’emploi et les salariés peu qualifiés, grâce notamment à la création d’un fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels doté de 1 Md€ pour 2010 ;

- La loi du 24 novembre 2009 fait de la formation professionnelle un outil pour favoriser l’accès ou le retour à l’emploi. Cela passe notamment par le développement des contrats en alternance ou la création de nouveaux outils comme le droit individuel à la formation pour les demandeurs d’emploi ;

- Enfin, cette loi renforce la transparence des circuits de financement et améliore la qualité des formations grâce notamment à la réforme des Organismes Paritaires Collecteurs Agréés (OPCA) qui gèrent chaque année 6 Mds€ consacrés au financement des formations.

Où en est la mise en oeuvre de cette réforme ?

Quatre mois après la promulgation de la loi, le calendrier de mise en œuvre est parfaitement respecté : la moitié des textes d’application prioritaires sont déjà parus.

Le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels est en place depuis le 12 mars dernier. Grâce à ce fonds, ce sont 500 000 salariés peu qualifiés et 200 000 demandeurs d’emploi supplémentaires qui vont pouvoir accéder à la formation professionnelle dès cette année. Pour remplir cette mission, le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels aura notamment vocation à :

- Soutenir les contrats en alternance ;

- Financer les formations qui permettent d’acquérir des savoirs de base (par exemple informatique, langues…) ;

- Appuyer des actions de formation pour les salariés les plus fragilisés (licenciés économiques, salariés en activité partielle).

La réforme des organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) avance bien, en relation étroite avec les partenaires sociaux : les OPCA devront se regrouper afin d’offrir un meilleur service rendu de proximité aux entreprises, et la loi met en place de nouvelles règles de fonctionnement et de transparence pour assurer la bonne gestion des fonds consacrés à la formation professionnelle.

Enfin, pour garantir une formation professionnelle de qualité et lutter contre certaines dérives, un plan d’action sera lancé prochainement pour renforcer le contrôle de l’État sur les organismes de formation dès leur création.

25 mars 2010

Conférence internationale des villes et régions du monde pour la reconstruction d’Haïti

Je me suis rendu mardi à Fort-de-France mardi afin de présider avec ma collègue Ministre de l’outre-mer, Marie-Luce Penchard, la conférence internationale des villes et régions du monde pour la reconstruction d’Haïti.

Cette conférence mondiale préparatoire à la conférence internationale des donateurs pour Haïti qui se tiendra à New York le 31 mars était la seule sous présidence française.

Elle a permis de réunir, autour d’une trentaine de maires haitiens, de nombreux élus français de métropole et d’outre-mer, mais également des élus représentant divers continents (Etats-Unis, Canada, Brésil, Mexique, Bénin, Espagne, Pays-Bas, Japon…) parmi lesquels les Maires de la Nouvelle-Orléans, de Miami (Nord) et de Barcelone.

Cette conférence a permis de travailler pour la reconstruction d’Haïti à partir des territoires et de proposer des pistes concrètes de solution pour le développement urbain et l’aménagement du territoire, les ressources humaines des collectivités territoriales, les finances locales, le développement économique local et les nécessaires mutualisations et coordinations.

Les fruits de ces propositions seront présentées à New York le 31 mars.

24 mars 2010

Déclaration du Président de la République, aujourd’hui, à l’issue du Conseil des ministres

Je vous propose de retrouver ci-dessous la déclaration du Président de la République à l’issue du Conseil des ministres qui s’est tenu ce matin.

Vous pouvez aussi visionner cette intervention en cliquant ici.

“Mes chers compatriotes,

Lors des élections régionales vous avez élu ceux qui vont diriger nos régions. Il s’agissait certes d’un scrutin local. Mais par vos choix et par l’abstention qui a atteint un niveau extrêmement élevé, vous avez voulu exprimer ce que vous ressentiez dans un contexte de crise économique, de crise financière, de crise agricole, qui rend si dure la vie quotidienne de tant d’entre vous.

Mon devoir est d’entendre ce message.

Mes chers compatriotes, vous m’avez élu pour sortir notre pays de l’immobilisme qui l’empêchait d’entreprendre les réformes nécessaires que tous les autres pays mettaient en œuvre. Nous avions accumulé beaucoup de retards, un retard qui mettait en danger notre prospérité, notre cohésion, notre place dans le monde. J’ai pris l’engagement de combler ce retard.

Depuis trois ans beaucoup de réformes ont été mises en œuvre. Elles ont demandé à nombre d’entre vous une somme considérable d’efforts, elles ont, j’en ai bien conscience, bousculé bien des habitudes. Elles ont fait naître des incertitudes, parfois même des angoisses. Vous avez souvent le sentiment que ces réformes n’ont pas changé votre vie quotidienne. La crise, ajoutant ses difficultés, a empêché de voir les effets positifs de tout ce qui a été accompli. Je comprends votre impatience. Je me dois d’y répondre. Mais mes chers compatriotes, rien ne serait pire que de changer de cap du tout au tout, en cédant à l’agitation propre aux périodes électorales.

Les conséquences économiques et sociales de la crise financière, la nécessité de tirer les leçons de ce qui s’est passé, exigent du sang-froid.

C’est le rôle du Président de la République d’assurer la stabilité, la continuité, de fixer une ligne et d’éviter les à-coups.

Il y a des choix sur lesquels nous devons faire preuve de constance.
Nous devons continuer les réformes. Arrêter maintenant ce serait tout simplement ruiner les efforts accomplis. Vous m’avez fait confiance pour moderniser la France. Je tiendrai mes engagements. La crise ne doit pas nous inciter à ralentir, mais au contraire à aller plus loin afin de construire un nouveau modèle de croissance.

Nous avons fait depuis trois ans le choix de la compétitivité, le choix du travail. C’est un choix absolument capital. Nous l’avons fait parce que notre priorité absolue c’est l’emploi. Nous devons continuer à alléger nos charges sur le travail et sur l’investissement, nous devons continuer à refuser toute augmentation d’impôts.

Nous avons fait le choix de la production, le choix de l’industrie, le choix de l’investissement. Nous devons continuer à investir dans l’innovation, dans la recherche, dans nos universités.

C’est la seule façon de protéger nos emplois, c’est la seule façon de garder nos usines, c’est la seule façon de préserver nos agriculteurs, notre mode de vie, notre protection sociale.

Nous avons fait le choix de ne laisser personne sur le bord de la route. Tout ce qui pouvait être mis en œuvre pour protéger les effets du chômage a été entrepris.

Cette politique nous a permis de mieux traverser la crise que la plupart de nos partenaires. Elle nous permettra de mieux profiter de la reprise.
Nous avons fait le choix depuis trois ans de refuser le sectarisme. La France a une tradition de divisions, d’affrontements parfois violents. Mais la France n’est grande, n’est forte que lorsqu’elle est rassemblée et lorsqu’elle est unie. Je me suis engagé à ce que tous les leviers de l’Etat ne soient pas confisqués par un seul parti politique. C’est ma responsabilité de veiller à la pluralité des opinions et que cette pluralité des opinions soit respectée dans le choix des femmes et des hommes appelés à exercer des responsabilités. J’avais promis lors de ma campagne électorale une République irréprochable et une Démocratie exemplaire, c’est l’intérêt de notre pays, c’est mon devoir de continuer sous le signe du refus de l’esprit partisan et du sectarisme.

Les réformes, la politique économique, la République irréprochable, ce sont des choix qui exigent de la constance qui doivent s’inscrire dans la durée. Notre pays a trop souffert des hésitations, et des changements de cap incessants.

Mais il y a aussi, j’en ai bien conscience, des sujets qui ne peuvent plus attendre.

Nous ne pouvons plus attendre pour résoudre la crise sans précédent à laquelle est confrontée notre agriculture et qui suscite une véritable angoisse dans nos campagnes.

Je le dis clairement : je suis prêt à aller à une crise en Europe plutôt que d’accepter le démantèlement de la Politique agricole commune, plutôt que d’accepter que soit laissée la spéculation le soin de fixer de façon erratique des prix agricoles qui ne permettraient plus à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail. Je ne laisserai pas mourir notre agriculture alors que la question de l’autosuffisance et de la sécurité alimentaire est devenue cruciale, et que tant de femmes, d’hommes et d’enfants dans le monde meurent de faim.

Nous ne pouvons plus attendre pour nous occuper du financement de nos retraites menacées par un déficit qui ne cesse de se creuser. Mes chers compatriotes, je connais votre inquiétude sur l’avenir de nos retraites. Et je sais la sensibilité du sujet, mais mon devoir de chef de l’Etat est de garantir que nos retraites, vos retraites, seront financées. Je ne passerai pas en force. Le temps qu’il faut sera donné à la discussion avec les partenaires sociaux. Mais je vous promets qu’avant six mois les mesures nécessaires et justes auront été adoptées.

J’appelle chacun sur un sujet de cette importance à abandonner les postures partisanes.

La santé, c’est un sujet de préoccupation pour chacun d’entre vous. Depuis trois ans l’essentiel de nos efforts ont porté sur l’hôpital et les personnels hospitaliers. Le temps est venu d’attacher la même attention à la médecine de proximité. Je sais les difficultés auxquelles les médecins se trouvent confrontés. Une grande concertation va s’engager pour déterminer comment ces difficultés peuvent être résolues de façon structurelle. Le temps n’est pas aux rustines en la matière, mais à des décisions structurelles.

Enfin, la sécurité est une priorité. Une action déterminée conduite avec constance depuis des années nous a permis de faire baisser le nombre des délits, personne ne le conteste.

Mais nous n’avons pas jugulé la montée de la violence dans les stades, dans les transports, dans les établissements scolaires. Cette situation ne peut pas durer. Je suis décidé à m’engager personnellement dans la lutte contre cette violence, la plus brutale, qui est devenue intolérable pour chacun d’entre vous. Ceux qui attendent ou qui espèrent une réaction ferme de ma part ne seront pas déçus.

Le malaise, que beaucoup d’entre vous ont exprimé vis-à-vis de la démocratie et de la politique en s’abstenant ou en choisissant des votes protestataires, n’a d’autre origine que le fait que pendant trop longtemps collectivement la société française a trop cédé sur ses valeurs, sur ses principes, valeurs et principes qui fondent notre pacte civique et notre pacte social.

Trop longtemps on a toléré que la violence pénètre à l’école, que l’agresseur soit traité avec plus d’égard que la victime, que le travail soit dévalorisé, que le mérite ne soit plus récompensé.

Eh bien, je m’y engage, il n’y aura plus aucune concession.
Trop longtemps nous avons supporté les atteintes à la laïcité, à l’égalité de l’homme et de la femme, les discriminations, l’irresponsabilité de certains parents qui ne s’occupent pas de l’éducation de leurs enfants.

Ce n’est plus supportable.

Trop longtemps nous avons accepté les concurrences déloyales, les dumpings qui détruisent nos emplois.

Ce n’est plus acceptable.

Trois sujets de l’actualité récente vont illustrer mon état d’esprit.
L’absentéisme scolaire est un fléau. La responsabilité des parents doit être engagée, les sanctions en matière d’allocations familiales doivent être effectives, les jeunes qui ne peuvent pas suivre une scolarité normale seront placés dans des établissements adaptés où ils ne perturberont plus la vie des autres et où ils feront l’objet d’un accompagnement spécifique.

Le voile intégral est contraire à la dignité de la femme. La réponse c’est l’interdiction du voile intégral. Le gouvernement déposera un projet de loi d’interdiction conforme aux principes généraux de notre droit.

Le dumping environnemental menace nos emplois. Il serait absurde de taxer les entreprises françaises en donnant un avantage compétitif aux entreprises des pays pollueurs. Je confirme sans ambiguïté notre choix d’une fiscalité écologique mais je subordonne la création d’une taxe carbone intérieure à une taxe aux frontières qui protègera notre agriculture et nos industries contre la concurrence déloyale de ceux qui continuent à polluer sans vergogne. Je lance d’ailleurs un appel à une prise de responsabilité générale pour que l’Europe admette le principe de la protection de ses entreprises et de ses emplois contre les concurrences déloyales.

Sur ces sujets comme sur bien d’autres, je suis convaincu qu’il nous faut revenir en France et en Europe, à des principes simples à des principes de bon sens, sans lesquels la vie ensemble n’est pas possible. Il faut s’y tenir, il faut ne pas transiger.

Mes chers concitoyens,

Depuis trois ans un travail considérable a été accompli. Il a fallu réformer et en même temps affronter une crise comme le monde n’en avait pas connu depuis les années 30.

Il reste beaucoup de travail pour les deux années à venir afin que la France sorte plus forte de cette crise, qu’elle puisse le mieux possible tirer parti de la reprise, qu’elle puisse jouer sa carte dans le monde de demain.

La compétition demain, mes chers compatriotes, ne sera pas moins rude qu’hier, elle le sera davantage. C’est ma responsabilité d’y préparer notre pays. Le Premier ministre François FILLON et le gouvernement vont prendre à bras le corps tous ces problèmes. Je m’y engagerai totalement et à chaque instant.

Vous attendez des résultats. Ces résultats vous les aurez.

Je vous remercie.”

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