Blog-Notes d'Alain Joyandet

6 octobre 2008

Le Prix Nobel de Médecine 2008 est attribué à …

…aux Français Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, pour avoir découvert dès 1984, le virus immunodéficitaire (VIH) responsable du sida, et à l’Allemand Harald zur Hausen pour ses travaux permettant d’identifier le virus responsable du cancer du col de l’utérus (500.000 femmes/an dans le monde).


La découverte de la professeur Barré-Sinoussi, 61 ans, et du professeur Montagnier, 76 ans, “a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement antirétroviral”, selon le comité Nobel. “L’importance de leur travaux doit être considérée dans le contexte de l’épidémie omniprésente dans le monde et qui affecte près d’1% de la population”, note t’il encore.

On estime que 33 millions de personnes séropositives vivent actuellement dans le monde.

Le chercheur allemand recevra la moitié du prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d’euros) et les deux autres lauréats français se partageront la seconde moitié.

Ces dernières années, le Nobel de médecine avait surtout récompensé les travaux sur la génétique. L’année dernière, les Américains Mario Capecchi et Oliver Smithies et le Britannique Martin Evans avaient été récompensés pour leurs découvertes sur le ciblage de gène.

Les lauréats du Nobel recevront leur prix le 10 décembre à Stockholm et à Oslo pour celui de la paix.

Je suis fier que la France soit ainsi récompensée au travers de nos deux brillants chercheurs et je rappelle que l’effort fait en direction des malades du SIDA notamment en Afrique, représente plus de 360 millions d’euros par an. Par le biais du Fonds Mondial, d’Unitaid et des dispositifs de coopération bilatéraux, la France soigne près d’un malade sur 10 partout dans le Monde.

30 septembre 2008

Une réunion des ministres européens du développement à Bordeaux

Au lendemain de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, où la présidence française du Conseil de l’Union européenne a appelé à un renouveau de la gouvernance mondiale et à une gestion collective des crises, les ministres européens du développement se sont réunis, à Bordeaux, lundi 29 et mardi 30 septembre.

J’ai présidé cette réunion destinée à discuter des grandes orientations de la politique de développement de l’Union européenne en faveur de la sécurité alimentaire, de la santé et de l’adaptation au changement climatique.

Nous sommes à la croisée des chemins. Nous devons trouver une réponse européenne à la crise alimentaire. Nous devons construire notre vision de la réforme de l’architecture internationale du développement.

La semaine dernière à New York nous a permis, je crois, d’obtenir l’effet que nous avions recherché à savoir de souligner de façon indéniable les besoins de l’Afrique, et le nécessaire renforcement des Objectifs du Millénaire pour le développement.

Elle a surtout lancé le nécessaire processus de réforme de notre cadre international qui va, sans doute, donner une dimension nouvelle et supérieure à la Conférence de Doha, sur fond de crise financière.

Nos débats ont également porté sur la mise en œuvre des recommandations adoptées lors de la Conférence d’Accra sur l’efficacité de l’aide (septembre) et sur la préparation de la Conférence de Doha (décembre), ayant pour thème le financement du développement. Le Parlement européen a été associé à cette réunion, ainsi que la société civile.

L’Union européenne, qui fournit plus de la moitié de l’Aide publique au développement (APD) mondiale, souhaite apporter des réponses fortes et pérennes aux récentes crises (alimentaire, sanitaire, climatique) qui fragilisent les pays de l’hémisphère Sud.

2 septembre 2008

L’Afrique mobilisée pour l’environnement

Cinquante trois ministres africains de la santé et de l’environnement ont adopté la semaine dernière la « déclaration de Libreville », qui prévoit des actions coordonnées pour réduire les risques sanitaires liés à l’environnement.

Ces ministres ont pointé, entre autres, « l’émergence de nouveaux risques environnementaux » dont le changement climatique qui a été significativement traité par le rapport 2006 de Nicholas STERN. Ce dernier faisait état du coût à long terme du changement climatique pour les économies du monde : 300 000 morts supplémentaires chaque année liées au changement climatique – paludisme, diarrhées, malnutrition – parmi les populations les plus vulnérables.

Le changement climatique est un phénomène planétaire qui a et aura des répercussions sur l’ensemble des économies et des incidences sur le niveau sanitaire général. L’atténuation, l’adaptation et la prévention sont ainsi devenues des défis majeurs que la France entend relever à travers sa coopération en faveur du développement.

En matière de santé, la France suit deux axes d’intervention. La lutte contre les endémies est la première des priorités ; la France contribue au Fonds Mondial de lutte contre le sida, le paludisme & la tuberculose (300 M € par an) et à GAVI – l’alliance Globale pour la vaccination Universelle (une moyenne de 100 M € par an pour les vingt prochaines années). Sans oublier la taxe sur les billets d’avions, créée pour alimenter UNITAID soit quelque 160 M € annuels. Le renforcement des systèmes de santé à travers l’amélioration des ressources humaines, l’approvisionnement en médicaments et en matériels et l’amélioration des infrastructures ainsi qu’au travers de leur financement (cf. mécanismes de couverture du risque maladie) est le second axe d’intervention.

Par ailleurs, la France co-finance à travers le Fonds Français pour l’Environnement Mondial trois projets d’adaptation au changement climatique en Afrique et dans l’Océan Indien (1°/ Eau et agriculture en Afrique de l’Ouest, 2°/ vigilance météorologique et prévisions saisonnières sur l’ensemble de l’Afrique, 3°/ adaptation au changement climatique pour les pays de la Commission de l’Océan Indien).

Enfin, la France vient de s’engager dans une démarche de définition d’un cadre stratégique d’intervention pour la prévention des risques de catastrophe dans les pays en développement qui permettra de renforcer les axes de coopération établis en matière d’adaptation et d’atténuation au changement climatique.

29 mai 2008

Un sommet pour l’Afrique au pays du soleil levant

Cette conférence, qui se tient dans la ville portuaire de Yokohama, réunit une quarantaine de chefs d’Etats et de gouvernements africains et les Ministres du développement des pays du G8 et de pays émergents. Les thèmes de cette réunion sont :

- l’accélération de la croissance économique en Afrique : renforcer le soutien dans les domaines du commerce, de l’investissement, du tourisme, des infrastructures et de l’agriculture ;

- l’établissement de la “sécurité humaine” : assistance pour accomplir les Objectifs du millénaire pour le Développement, la consolidation de la paix et la bonne gouvernance ;

- et, enfin, prendre à bras le corps les questions de l’environnement et du changement climatique.

J’ai, lors des travaux, fait part du message de Nicolas Sarkozy, dans un discours lu en son nom, qui souligne que la hausse des prix alimentaires peut-être “une chance” à terme pour les campagnes africaines dont les revenus pourraient augmenter.

Comme le Président, “extrêmement préoccupé” par la hausse des prix alimentaires mondiaux, j’ai rappelé que la France avait décidé de doubler son aide alimentaire d’urgence aux pays les plus pauvres, en la faisant passer de 30 à 60 millions d’euros en 2008.

27 mai 2008

Ebène

Aujourd’hui je voudrais évoquer un livre sur l’Afrique, sur la vie en Afrique d’un journaliste polonais et de tous ceux qu’il croise dans son périple.

Le regard, les expériences d’un seul homme suffisent-ils à découvrir un pays, un continent ? A connaître les hommes ? Peut-être pas…mais Ryszard Kapuscinski était un écrivain qui vous emmenait en voyage, un journaliste qui, au talent du narrateur, ajoutait celui du conteur.

Grâce à une écriture limpide et fluide, l’auteur nous plonge dans son Afrique par des textes qu’il commença d’écrire à la fin des années 50.

Son livre a été élu Meilleur Livre de l’année 2000 par la rédaction de “Lire” et a reçu le prix Tropiques 2002 attribué par le Sénat.

Je vous en conseille vivement la lecture, que vous soyiez de ceux qui connaissent l’Afrique ou de ceux qui veulent la découvrir.

20 mai 2008

Promouvoir les cinémas du Sud

Aujourd’hui je serai à Cannes à l’occasion, bien entendu, de la 61ème édition de son Festival. Je me rendrai notamment dans le pavillon “Les Cinémas du Sud”, animé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes et ses partenaires (Organisation internationale de la Francophonie, Radio France Internationale, TV5 MONDE, Canal France International et Euromed Audiovisuel).

Car si le Festival de Cannes est le plus médiatisé au monde, il est également le plus important marché du film à l’échelle planétaire.

Pour tous les professionnels des cinémas des pays émergents et en voie de développement, qu’ils viennent d’Afrique, d’Asie ou d’ailleurs, il est par conséquent essentiel de pouvoir participer à la quinzaine cinématographique sur La Croisette.

C’est pour cette raison que le Ministère des Affaires étrangères et européennes offre, avec ses partenaires, au cœur du Festival de Cannes, cet espace d’expression, de travail et de diffusion, à tous les professionnels concernés par les cinématographies du Sud.

Cette initiative vient en appui d’autres actions du Ministère, en particulier deux fonds de soutien qui ont permis, depuis une vingtaine d’années, de financer près de 500 projets cinématographiques provenant des pays du Sud, souvent présentés dans les festivals internationaux.

J’aurai aussi le plaisir aujourd’hui de rencontrer, au sein du pavillon “Les Cinémas du Sud”, Martine Thérouanne, présidente du Festival international du Film asiatique “Cinémas d’Asie” de Vesoul, et des élèves du lycée Belin présents à Cannes cette semaine.

7 mai 2008

Aller de l’avant

Nous avons été accueillis et guidés, au cours de cette visite, par Monsieur Wankoye, entrepreneur nigérien qui a construit cette entreprise avec son frère. Leur objectif est de moderniser la production d’une filière d’oignons qui alimente les marchés de toute la région, dans plusieurs pays. Le Niger, grâce notamment à son climat sec, est le premier producteur d’oignons de l’Afrique de l’ouest.

Les oignons stockés sont soit produits directement par cette société, soit sous-traités à des groupements d’agriculteurs qui cultivent les terrains d’AgroNiger, soit achetés à des producteurs indépendants. Le stockage s’effectue dans des bâtiments rafraîchis à 25 dégrés par un système original et de ventilation d’air humidifié, très économe en énergie.

AgroNiger a créé plus de 70 nouveaux emplois directs et permet à plus de 160 familles d’agriculteurs de disposer d’un complément de revenu. Cette photo montre le début de la phase de conditionnement des oignons. Des collaboratrices de la société les trient à la sortie du bâtiment de stockage.

Ils sont ensuite secoués par une machine qui les débarasse des impuretés.

Enfin ils sont emballés dans de grands sacs.

Les oignons conditionnés sont prêts pour l’exportation.

En garantissant le prêt nécessaire aux investissements pour le développement des activités d’AgroNiger, le gouvernement français et son agence, l’AFD, ont permis à des entrepreneurs nigériens d’aller de l’avant, de créer des emplois pérennes sur les bords du fleuve Niger.

C’est le renforcement de ce type d’action, s’appuyant sur les acteurs locaux, au service de la croissance dans une optique de développement, qu’a annoncé Nicolas Sarkozy dans son discours au Cap, devant le parlement sud-africain.

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