
Sommet de Nice : «une étape»
Questions à Alain JOYANDET (propos recueillis par Jean-Pierre TENOUX)

Sommet de Nice : «une étape»
Questions à Alain JOYANDET (propos recueillis par Jean-Pierre TENOUX)
A l’heure de la clôture par Nicolas Sarkozy de ce passionnant sommet Afrique-France, vous pouvez retrouver tous les discours, photos et vidéos sur le site de la Présidence de la République ou du Quai d’Orsay.

Le Cameroun, locomotive de l’Afrique Centrale : La France, premier partenaire du Cameroun.
Lire l’article en cliquant ici.
Lundi 31 mai et mardi 1er juin 2010
Déplacement à Nice (Sommet France-Afrique)
Mercredi 2 juin 2010
10 h 00 Conseil des Ministres
15 h 00 Questions d’actualité – Assemblée Nationale
20 h 00 Dîner « Africa France Business Meetings » – CCI de BORDEAUX
Jeudi 3 juin 2010
15 h 00 Questions d’actualité – Sénat
Dimanche 6 et lundi 7 juin 2010
Déplacement à Port-Louis – Réunion bilatérale
Je souhaite mettre à l’honneur le nouvel ouvrage de Daniel Sassi, ancien directeur de l’usine de traitement des eaux de Vesoul, consacré à la ressource en eau de l’agglomération vésulienne et les mystères qui entourent le cheminement de l’eau dans le relief karstique de la région.
Daniel Sassi y relate toutes les explorations engagées dans les méandres souterrains de la Font et du Frais-Puits et vous invite à partager les progressions, les émotions et parfois la peur des explorateurs qui nous aident aujourd’hui à mieux protéger notre ressource en eau à Vesoul.
Si le captage, le traitement et la distribution aux consommateurs sont depuis longtemps parfaitement assurés par le service public municipal de l’eau à Vesoul, le cycle de l’eau nous rappelle que nous avons tous et partout le devoir, quand nous avons la chance de bénéficier de cette ressource, d’améliorer l’assainissement et l’épuration de nos effluents. Car si à Vesoul le Frais-Puits et la Font de Champdamoy préservent encore quelques mystères, il est une certitude, d’amont en aval, nous sommes tous concernés par la préservation de ce bien précieux.
Une interdiction large, claire et progressive
Michèle ALLIOT-MARIE a présenté en Conseil des ministres le 19 mai un projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
Parce qu’il remet en cause les règles qui forment le pacte républicain, notamment la dignité de la personne et l’égalité entre les sexes, le Président de la République l’a rappelé à de nombreuses reprises et sans équivoque : le voile intégral n’a pas sa place en France.
Concrètement, ce projet de loi prévoit :
- Une interdiction générale qui concernera l’ensemble des lieux ouverts à la vie sociale, sur tout le territoire de la République.
- Une amende de 150 € maximum pour sanctionner le non respect de cette interdiction, un stage de citoyenneté pouvant se substituer à cette peine ou la compléter.
- La création d’un délit spécifique passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende pour réprimer le fait de contraindre une personne, en raison de son sexe, à se dissimuler le visage.
- Avec ce texte qui introduit une interdiction large, claire et progressive, le Gouvernement a pris ses responsabilités en adaptant notre droit aux évolutions et aux exigences de la société dans le respect de chacun.
Pourquoi légiférer sur le voile intégral ?
- Le port de tenues destinées à dissimuler le visage, en particulier le voile intégral, remet en cause les valeurs qui fondent notre pacte républicain. Cette pratique, même lorsqu’elle est volontaire, porte en effet atteinte aux exigences fondamentales de notre « vivre ensemble », à la dignité de la personne mais également à l’égalité entre les hommes et les femmes.
- C’est pourquoi, comme l’a rappelé à plusieurs reprises et sans équivoque possible le Président de la République, le voile intégral n’a pas sa place en France.
- Depuis près d’un an, cette question a nourri un large débat public qui a été notamment éclairé par des auditions et le rapport d’une mission parlementaire. Il y a aujourd’hui sur ce sujet un très large consensus, comme en témoigne l’adoption, le 11 mai dernier à l’Assemblée nationale, d’une résolution sur l’attachement au respect des valeurs républicaines face au développement des pratiques radicales qui y portent atteinte.
- Parce qu’on ne peut pas transiger sur nos valeurs les plus fondamentales, parce que la République se vit à visage découvert, le Gouvernement a décidé de prendre ses responsabilités en adoptant, lors du Conseil des ministres du 19 mai, un projet de loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public.
Que contient ce projet de loi ?
- Au nom des principes qui fondent notre pacte républicain, le Gouvernement a ainsi décidé de graver dans le marbre de notre droit une règle essentielle de la vie en société : « nul ne peut dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage ».
Ce projet de loi introduit donc une interdiction large et claire qui entrera en vigueur au terme d’une période de dialogue et de pédagogie.
Concrètement :
- Ce texte prévoit que cette interdiction générale concernera l’ensemble des lieux ouverts à la vie sociale et tout le territoire de la République. Elle entrera en vigueur 6 mois après la promulgation de la loi. Ce délai indispensable à l’explication et à la pédagogie sera mis à profit pour poursuivre une démarche de dialogue et de persuasion auprès des femmes qui portent volontairement le voile intégral.
- Il prévoit également que le non respect de cette interdiction sera sanctionné par une amende de 150 € maximum. Un stage de citoyenneté pourra se substituer à cette peine ou la compléter.
- Enfin, au titre des atteintes à la dignité de la personne humaine, ce texte réprime le fait de contraindre une personne, en raison de son sexe, à se dissimuler le visage. Ce délit spécifique sera puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. L’objectif est clair : il s’agit de lutter contre une nouvelle forme d’asservissement des femmes que la République ne saurait admettre sur son sol.
- Par ailleurs, le texte prévoit que le Gouvernement remettra au Parlement un rapport sur l’application de la loi 18 mois après la publication de celle-ci : il s’agit notamment d’examiner les conditions pratiques de mise en œuvre de la loi et de faire un premier bilan de son efficacité.
On stigmatise une partie de la population ?
- En France, nul ne doit se sentir ni blessé, ni stigmatisé du fait de sa foi et de ses pratiques religieuses : la laïcité, c’est le respect de toutes les croyances, de toutes les religions.
- Le port du voile intégral n’est pas une prescription religieuse, c’est le signe d’un repli communautariste qui porte atteinte à la dignité de la femme, ce qui n’est pas acceptable en France. Le voile intégral, c’est le rejet des valeurs de la République.
Avec ce projet de loi, le gouvernement prend-il un risque juridique ?
- Quand il s’agit de savoir dans quelle société nous voulons vivre, c’est le rôle du Gouvernement et du Parlement d’assumer leurs responsabilités politiques.
- Nous faisons face à un problème qui n’existait pas il y a vingt ans, et nous voulons y couper court dès maintenant : ce projet de loi, c’est une décision pour l’avenir et dans une démocratie, c’est le rôle du législateur que d’adapter le droit aux évolutions et aux exigences de la société.
- En adoptant la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, le Parlement a, malgré l’avis réservé du Conseil d’Etat, donné sa solution à une pratique qui mettait en péril l’école républicaine. Il lui revient désormais de mettre fin définitivement à une pratique qui nuit à notre vivre ensemble, aux fondements de notre pacte républicain.
- Il existe, dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel comme dans celle de la Cour européenne des droits de l’homme, des notions qui permettent au législateur d’encadrer les libertés individuelles pour préserver l’intérêt général ou le caractère démocratique de notre société.
- En interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, comportement incompatible avec notre conception de la vie en société, le Parlement exercera son rôle de régulateur de la vie en commun dans le respect de nos principes constitutionnels et de nos engagements internationaux.
Je voudrais aujourd’hui saluer le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun qui a reçu le prix du jury du festival de Cannes 2010 pour son film « Un homme qui crie ».
Cette première apparition d’un film d’un réalisateur originaire d’Afrique subsaharienne au palmarès de ce prestigieux festival est un signe positif. J’espère que cette distinction ouvrira la voie à d’autres réalisateurs africains dans l’avenir.
Je rencontre ce soir, dans le cadre de la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines, tous les ambassadeurs africains (une cinquantaine) en poste en France.
Cette rencontre se déroule à dix jours du sommet Afrique France qui se tiendra à Nice.
Vous savez l’importance que la France attache à ces rencontres régulières, au plus haut niveau.
Lors de ce sommet, nous mettrons cette année les entreprises à l’honneur, en réunissant les principales entreprises du CAC 40 et trois cents entreprises africaines et en favorisant les échanges entre ces entreprises, de même que le dialogue avec les gouvernements représentés.
Les chefs d’Etat et de gouvernement débattront des grandes questions qui animent notre monde autour de trois thèmes principaux : la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, le climat et le développement, ainsi que la paix et la sécurité.
J’effectue mardi et mercredi une brève tournée africaine, qui me conduira au Cameroun où je participerai à une conférence internationale sur l’avenir du continent, puis au mali et en Mauritanie.
Cette tournée permettra notamment de préparer les discussions du Sommet Afrique-France qui se tiendra à Nice les 31 mai et 1er juin.
A Yaoundé, je serai reçu par le président camerounais Paul Biya et j’effectuerai des visites de terrain sur des chantiers soutenus par l’Agence française de développement.
J’assisterai à la conférence « L’Afrique, une chance pour le monde » organisée par les autorités camerounaises dans le cadre des cérémonies du cinquantenaire de l’indépendance de leur pays (1er janvier 1960). Cette conférence se penchera notamment sur les défis sécuritaire, de gouvernance et d’accès aux ressources du continent.
Mercredi, je me rendrai successivement à Bamako et à Nouakchott, pour faire le point avec les présidents (malien) Amadou Toumani Touré et (mauritanien) Mohamed Ould Abdel Aziz sur la coopération avec ces deux pays.