Mes chers collègues,
Mesdames, messieurs,
Chers amis,
C’était il y a 17 ans. Ce n’est quand même pas rien 17 ans dans une vie. Un premier mandat de maire. C’est un beau mandat vous savez le mandat de maire… Je peux d’autant plus vous le dire que j’en ai quand même essayé un certain nombre… certains diront avec plus ou moins de succès, conseiller municipal d’opposition, conseiller général, sénateur, député, et ministre… Et bien, je te le dis cher Alain, c’est un beau mandat, un mandat qui ne ressemble à aucun autre.
Alors rassurez-vous, je ne vais pas vous faire le coup des souvenirs. Mais une amie me dit souvent “Dis toujours du bien de toi. Un jour, cela finira par te revenir aux oreilles et on ne saura plus d’où c’est parti”. Alors, une fois n’est pas coutume, pour cette occasion un peu particulière, je vais suivre son conseil…
C’était il y a 17 ans donc, et je me souviens avoir ressenti une grande fierté, sans doute celle que tu ressens aujourd’hui. Pas seulement d’avoir battu nos opposants; Même si ce n’est jamais désagréable de battre la gauche. Non, une grande fierté parce que les habitants de cette ville avait choisi de me confier les clés de leur ville, de notre ville. Manifestement, ils n’ont pas trop eu à s’en plaindre… puisqu’ils ne m’ont réélu à 54% dès le premier tour en 2001 et à plus de 60% en 2008…
Et pourtant, je ne vous cache pas qu’au départ, ce n’était pas forcément gagné. Parce que quand je me suis assis, le lendemain de l’élection, dans mon nouveau fauteuil et que j’ai commencé à me plonger dans le fond des dossiers… La fierté a laissé la place à… comment dirais-je… une certaine inquiétude, voir un certain effroi. Pour faire simple, les caisses était vides. Il ne restait pas un sou. Le projet d’aménagement du centre ville était au point mort. Electrocardiogramme plat. Il y avait des trous creusés en plein coeur de la ville, les engins de chantier avaient déserté, il ne nous restait plus qu’à y mettre de l’eau et des poissons rouges.
Alors vous comprendrez que 17 ans plus tard, j’avoue, sans faire pêché d’orgueil, que je pars avec un certain sentiment du devoir accompli.
Qu’est ce qu’on a fait en 17 ans? Je crois que nous avons transformé notre ville; En la respectant. En respectant sa douceur de vivre, son histoire, ses traditions, et surtout ses habitants. Nous en avons fait la cinquième agglomération de Franche-Comté, la première de Haute-Saône. Cela a été rappelé aussi. L’aménagement du centre ville est une réussite. La rénovation du théâtre, des halles, le nouvel hôpital, la suppression du passage à niveau… autant de projets menés contre vents et marées… Parce que vous savez comment ça marche, quand vous lancez ce type de projet évidemment, personne ne vous explique comment y arriver; en revanche, tout le monde sait vous expliquer pourquoi ce n’est pas possible. C’est un beau mandat le mandat de maire, mais Alain, il faut parfois une bonne dose de détermination…
Alors bien sûr, il reste encore d’importants chantiers à mener à bien, celui de la place de la République, la transformation du site de l’ancien hôpital Paul Morel, le plan d’aménagement de la motte… Mais tout cela me parait déjà en bonne voie.
J’ai aussi le sentiment du devoir accompli parce que contrairement à ce que j’ai trouvé quand je suis arrivé, tu le sais, mon cher Alain, les finances de notre ville sont saines. Tu viens d’ailleurs de le rappeler ; et je suis content que tout le monde ici en prenne acte. Notre ville a les moyens de ses investissements futurs, les moyens de ses ambitions, avec un budget qui est même mieux qu’à l’équilibre, puisqu’il est en excédent.
Et enfin, j’ai le sentiment du devoir accompli parce que je crois que nous avons bien préparé la suite, la transmission comme on dit, au moment le plus propice. Je veux juste rappeler que j’ai été le plus jeune maire de Vesoul…. enfin, depuis l’après guerre parce qu’il parait qu’il y en a eu plus jeune que moi en 1835… Mais je ne voulais pas être le plus vieux. Cela n’allait pas avec ma conception de la politique.
Parce que, même si certains se sont acharnés à dire le contraire, et pas forcément ceux auxquels on pourrait penser en premier d’ailleurs, j’ai toujours été fidèle à ma conception de la politique. Je n’ai jamais fait de la politique pour la gloire, je n’ai jamais fait de la politique pour faire carrière, je n’ai jamais fait de la politique pour l’argent. Cela explique sans doute, d’ailleurs, pourquoi ma sortie du gouvernement a été, pour moi, si violente… Moi, qui ai toujours eu pour unique obsession de respecter l’argent du contribuable, parce que c’était ma façon de respecter l’argent des Français qui travaillent dur pour payer leurs impôts, on m’accusait tout à coup de dilapider l’argent public. J’en suis sorti blessé. Et c’est aussi en reprenant mon fauteuil de maire que je me suis reconstruit. Le mandat de maire n’est décidemment pas un mandat comme les autres.
17 ans plus tard, la semaine dernière pour être précis, j’étais dans ce qui était encore mon bureau, et qui est désormais le tien, Alain, les portes de l’armoire grandes ouvertes, regardant tous ces dossiers, ces années de travail, souvent 7 jours sur 7, été comme hiver, ces années où l’on vous appelle le jour comme la nuit dès qu’il y a un problème parce que vous êtes Monsieur le Maire, parce que c’est votre mission, et je me suis dit que oui, j’avais je crois, fait de mon mieux.
Si j’ai pu le faire, c’est bien sûr avec vous. Vous qui êtes là, dans cette salle, aujourd’hui. Ceux qui nous ont quitté aussi. Tous, je vous remercie profondément pour votre confiance, pendant toutes ces années, pour votre aide, pour votre soutien. Vous tous, grâce à qui tout est devenu possible.
Du fonds du cœur, merci à tous mes amis, élus et collaborateurs. Merci à ma famille, mon épouse, mes enfants qui ont vécu au rythme du mandat de maire, à qui je dois tellement.
Je sais que vous poursuivrez aux cotés du nouveau maire. Je le connais bien, même s’il est jeune, cela fait quand même 15 ans maintenant que nous travaillons ensemble, et je sais qu’il sera à la hauteur. Et je demande à notre majorité d’être solidaire, tolérante et de travailler à ses cotés.
Mais ne croyez pas non plus que vous allez vous débarrasser de moi aussi facilement. D’abord, je reste conseiller municipal, je veille, je veille. Je reste également Président du Conseil de surveillance de l’hôpital pour lequel j’ai été élu pour 5 ans. un mandat pour lequel j’ai beaucoup d’attachement. Et puis, surtout, je m’apprête à relever de nouveaux défis, avec toujours le même objectif : servir cette ville, ma ville; servir ce territoire, mon territoire. Car la politique vous savez, ce n’est pas ce que l’on veut bien nous en montrer à la télé. Ce n’est pas de savoir qui de la gauche ou de la droite gagnera les prochaines élections pour se partager les postes et les titres. La politique, la vraie, celle que j’essaie de faire depuis 35 ans, celle que j’aime, et qui est retracée aujourd’hui par nos amis journalistes de la presse locale que je salue, c’est juste deux choses : aimer les gens, et vouloir les servir. Je peux vous dire que j’aime chaque habitant de cette ville. Et j’espère les avoir bien servi.
Je vous remercie.










