Blog-Notes d'Alain Joyandet

15 septembre 2009

A propos de Madagascar

Vous avez été nombreux ces dernières semaines à vous exprimer sur mon blog-notes à propos de la situation à Madagascar.

Il me semble utile de vous rappeler aujourd’hui la position de la France qui exerce actuellement la présidence de la commission de l’Océan indien, à l’endroit de ce grand pays francophone ami.

En effet, depuis le début de la crise politique à Madagascar, la France a toujours préconisé, en sa qualité de premier partenaire de la Grande Île, une approche pragmatique consistant à chercher à favoriser l’émergence rapide d’une sortie de crise consensuelle, pacifique et durable entre malgaches avec des élections crédibles.
Après le changement anti-constitutionnel de pouvoir qui s’est déroulé en mars à Madagascar, et que la France (avec d’autres) a dénoncé comme constituant un “Coup d’Etat”, seul un tel schéma de transition peut permettre d’envisager un réengagement rapide des indispensables appuis financiers de la communauté internationale. Il y a urgence, compte tenu de la dégradation accentuée de la situation économique dans ce pays et des risques aggravés de déstabilisation.

L’objectif est naturellement de limiter autant que possible l’impact social de la crise politique sur les populations malgaches. La France, contrairement à d’autres, n’a ainsi jamais interrompu ni suspendu sa coopération en matière humanitaire et sociale, afin de ne pas pénaliser plus encore les hommes et les femmes de ce pays pauvre déjà durement affectés par une crise qui se prolonge.

Plus généralement, et malgré la situation politique extra-constitutionnelle prévalant dans le pays, la France a maintenu ses relations avec Madagascar, s’efforçant de rester en contact avec l’ensemble des protagonistes, afin de préserver les chances de succès d’un dialogue constructif. Ainsi, et conformément à la position adoptée par les partenaires extérieurs, en particulier européens, l’Ambassadeur de France, agréé par le Président Marc Ravalomanana, n’a pas présenté ses lettres de créances à une autorité non reconnue et limite ses rencontres officielles avec le pouvoir en place. La France poursuit néanmoins ses contacts de travail avec les autorités de fait, de façon transparente et ouverte, afin de les accompagner dans le nécessaire processus d’ouverture et gérer au mieux la sécurité des 20 000 français résidant à Madagascar.

La France prend aussi une part active aux efforts de la communauté internationale, regroupée derrière le “Groupe international de Contact” (G.I.C) de l’Union africaine pour faire émerger une sortie de crise politique consensuelle. Tout au long des négociations de Maputo en août, auxquelles elle a apporté un appui logistique apprécié, la France s’est efforcée de prodiguer à chacune des mouvances des conseils de modération et de prise en compte de l’intérêt national, tout en cultivant la posture de neutralité qu’exigeait l’intensité de ses liens avec la Grande Île. Elle a également apporté un soutien sans faille à l’équipe de médiation internationale.
Après les avancées significatives des négociations de « Maputo I » et le semi-échec de « Maputo II », les contacts n’ont pas été rompus entre Malgaches et entre les médiateurs.

De même, la pression internationale a été maintenue, voire accentuée, sur les acteurs politiques, afin de les placer clairement devant leurs responsabilités. Il n’y a pas d’alternative.

Je souhaite de toutes mes forces que le processus consensuel inter-malgache de sortie de crise puisse aboutir au plus vite. La réintégration de Madagascar dans le concert des nations est à ce prix. Madagascar mérite aussi la paix civile, la démocratie et le développement.

6 commentaires sur “A propos de Madagascar”

  1. Amadou  -  15 septembre 2009 à 10:09

     Félicitation pour tous ces efforts consentis pour le retour de la paix dans ce beau pays.

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  2. Hervé  -  15 septembre 2009 à 11:09
    Monsieur,
    Je vous remercie de votre attention face à la crise actuelle qui touche Madagascar. Malheureusement, je tiens à vous dire en toute franchise qu’on est à deux doigts d’une guerre civile. Je ne fais pas partie d’une de ces quatre mouvances à Maputo mais le problème réel c’est la soif du pouvoir et non les besoins immédiats du peuple: sécurité, niveau de vie, santé. Si seulement je pouvais me prononcer en tant que médiateur de la masse populaire pour leur dire:”On est là!”
     
    Sur facebook
  3. Ahaona  -  17 septembre 2009 à 00:09

    Bonjour
    Mr Joyandet

    sauf le respect que je vous dois, je suis dans le regret de vous dire que vous êtes très mal conseillé et mal entouré pour l’analyse par rapport à la crise malgache actuel. Nous sommes dans une situation sans aucune mesure avec des références historiques.
    Le monde a changé; vos conseillers doivent se mettre à la page sans “complaisance” ni parti pris ! des vies humaines sont en jeu !!!
    (je suis Franco-Malgaches donc des 2 cotés mais quand je vois des Français pleurnicher au journal de 20 heures parce qu’ils n’ont pas su prendre la mesure de la situation, je RIGOLE DE BON COEUR !!)

    Et l’incompétence de vos conseillers peuvent couter la vie à pas mal de français résidents dans les semaines à venir !!!

    Je reste à votre disposition pour tout avis désintéressé sur ce sujet.
    Moïse
    Franco-malgache

  4. rakotoarivelo  -  19 septembre 2009 à 19:09

    bonjour

    LAISSEZ NOTRE PAYS TRANQUILLE!!!!
    Arretez de vous immiscer dans nos affaires internes sous prétexte que vous octroyez une aide équivalent à 0.01 euros par individu.
    Car tout le monde n’est pas dupe ” ON RENTRE AVEC UN SAC DE RIZ ,ET ON SORT AVEC UN SAC DE BLE”.
    Vous restez toujours une plaie pour l’Afrique.

  5. Ahaona  -  19 septembre 2009 à 19:09

    Bonjour à Tous !

    Je constate que Mr Joyandet et son équipe manquent de réactivité ! à moins que une fois de plus, le travail se fait “en sous-marin”.
    Ne perdons pas de vue que des vies humaines (des français expat ou intérêts français) sont en jeu !
    Et en tant que Franco-Malgache avisé, malheureusement, je ferais partie des gens qui rigoleront en regardant le J.O de 20 heures !!
    Ce n’est pas faut d’avoir tiré la sonnette d’alarme !!!
    A bon entendeur !!
    Cordialement
    Ahaona

  6. firenena  -  2 octobre 2009 à 16:10

    Bonjour Monsieur,

    Nous vous demandons encore aux politiciens français de laisser en paix le peuple malgache.

    Les malgaches n’ont rien demandé aux français pour résoudre la crise, je me pose toujours des questions pourquoi la France s’ingère tout le temps dans notre affaire politique. Est-ce qu’il y a vraiment un intérêt majeur pour la France à Madagascar ? Eh bien la réponse est OUI, c’est à cause du pétrole………..

    Merci à vous.

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