Blog-Notes d'Alain Joyandet

29 février 2008

6/7: Comment lutter contre les risques d’obésité chez nos enfants?

Le Gouvernement entend concentrer ses efforts sur les plus vulnérables. La deuxième phase du programme national nutrition santé (PNNS) prévoit ainsi une forte implication des collectivités territoriales : les services sociaux seront chargés d’aider les personnes ayant des revenus modestes à faire des choix plus éclairés en matière de nutrition.

Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi un lien de cause à effet entre les actions de marketing mises en oeuvre par l’industrie agroalimentaire et le développement de l’obésité infantile.

C’est pourquoi Roselyne BACHELOT, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a annoncé le 4 février dernier une série de mesures destinées à responsabiliser les professionnels de la grande distribution et les annonceurs pour limiter les actions marketing en faveur des produits gras et sucrés destinés aux enfants.

1. Lancement d’une vaste concertation pour la suppression de la publicité alimentaire diffusée au cours des programmes télévisés pour enfants

  • La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique prévoit que les messages publicitaires en faveur des boissons avec ajouts de sucre, de sel ou d’édulcorant de synthèse et des produits alimentaires manufacturés soient accompagnés d’une information d’ordre sanitaire. Il s’agit d’une mesure d’éducation nutritionnelle visant à sensibiliser notamment les enfants, et à faire connaitre les repères essentiels en matière de nutrition mis en place dans le cadre du programme national nutrition santé.
  • Afin de renforcer les dispositions existantes, le ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports organisera au cours de la première semaine de mars 2008 une réunion de concertation pour supprimer, à terme, la publicité pour les aliments et les boissons diffusée au cours des programmes télévisés pour les enfants. Cette réunion permettra d’élaborer un cadre dans lequel les interprofessions, entreprises et annonceurs pourront prévoir des engagements sur la base du volontariat. Ces engagements porteront sur la nature des supports audiovisuels utilisés, les horaires de diffusion des messages, l’âge du public et la nature des aliments et boissons concernés. Ils feront l’objet d’une évaluation au mois de mai 2008.

En cas d’échec de cette première phase, la ministre proposera au Premier ministre des mesures législatives conjointement avec le ministère de la Culture et de la Communication.

2. Incitation au retrait des confiseries et des sucreries aux caisses des grandes surfaces

  • Afin de ne pas encourager les réflexes d’achat de produits sucrés présentés à la hauteur des enfants, lors de l’attente en caisse, les enseignes de la grande distribution seront appelées à ne pas disposer ces produits à proximité des caisses.
  • Une réunion avec les industriels et les représentants du commerce et de la distribution est organisée la première semaine de mars afin de déterminer les conditions de ce retrait, en particulier les types d’engagements que prendront les distributeurs, avec l’objectif d’un retrait effectif d’ici la fin du mois de juin 2008.

3. De nouvelles recommandations nutritionnelles applicables à la restauration scolaire

  • La circulaire interministérielle du 25 juin 2001 relative à la composition des repas servis en restauration scolaire et à la sécurité des aliments formule des recommandations nutritionnelles. Toutefois l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) a montré dans une récente étude la faible mise en application de ces dispositions.
  • Afin de sensibiliser davantage les professionnels de la restauration scolaire aux principes de l’équilibre alimentaire, une évolution réglementaire sera proposée pour la prochaine rentrée scolaire, en concertation avec les collectivités territoriales. Cette évolution réglementaire devrait imposer davantage de fibres, de fer, de vitamines et moins de graisses dans les menus des cantines scolaires.

4. Installation de l’Observatoire de la qualité alimentaire

Le Gouvernement a prévu l’installation de l’Observatoire de la Qualité alimentaire (OQALI), qui aura pour mission de suivre l’évolution de la qualité de l’offre alimentaire, sur le plan nutritionnel (composition nutritionnelle, taille des portions…) et sur le plan socio-économique (prix, segments de marché…). Il permettra d’effectuer notamment la surveillance des engagements nutritionnels des acteurs économiques, conformément aux engagements prévus dans le cadre de la deuxième phase du programme national nutrition santé.

Dans mon dernier billet de cette semaine consacrée à la santé, je vous ferai part de mon avis sur les propositions d’Attali concernant les pharmaciens.

2 commentaires sur “6/7: Comment lutter contre les risques d’obésité chez nos enfants?”

  1. JC  -  15 avril 2009 à 15:04

    Monsieur le secrétaire d’etat, bonjour.
    Tout d’abord, étant donné que ceci est mon premier commentaire, permettez-moi de vous féliciter pour ce site que vous efforcez de maintenir vivant en le mettant à jour régulièrement. Je suis heureux de voir que vous êtes ainsi facilement accessible.
    dans l’une de vos rubriques vous posez une question <Comment lutter contre les risques d’obésité chez nos enfants?>
    La députée UMP des bouches du rhone, Valerie Boyer, auteure du rapport sur la prévention de l’obesité propose:
    1/ dimpliquer les cantines scolaire et la restauration collective, notamment de rendre obligatoires les recommandations nutritionnelles,
    2/de renforcer la formation en nutrition des personnels de restauration
    3/ de fixer des normes relatives à l’environnement et à la durée des repas dans les cantines.
    donc voici mes questions ,actuellement les cantines de VESOUL respectent telles ces recommandations nutritionnelles.? Fromez vous votre personnels aux notions de la nutrition? respectez vous une durée suffisante pour le repas des enfants? (en sachant que sur VESOUL la majorité des enfants des écoles sont transportés en bus jusqu’aux restaurants)
    Sur ces 3 sujets a VESOUL ou en somme nous?
    j’attend impatiemment votre réponse à mes 3 questions.
    très cordialement
    JC

  2. Stéphane PINI, Adjoint aux Affaires Scolaires  -  16 avril 2009 à 08:04

    Merci pour votre commentaire qui montre que vous partagez, comme nous, le
    souci de l’alimentation chez nos enfants.
    La Ville de Vesoul est inscrite dans une démarche exemplaire en terme de
    nutrition dans les trois points de restauration scolaire municipale.
    Bien évidemment, le PPNS (Plan National Nutrition Santé) est appliqué dans
    tous les repas confectionnés par la Ville de Vesoul. L’ensemble des repas
    distribués est équilibré, mais est soumis à près d’une trentaine de textes
    réglementaires français et européens.
    A titre d’exemple, tous les fruits (même ceux dont la peau n’est pas
    ingurgitée, comme la banane) sont lavés et séchés manuellement afin
    d’éviter toute trace éventuelle de pesticides ou autres matières qui
    pourraient s’avérer nocives.
    Notre personnel non seulement est formé de manière régulière mais
    également très impliqué dans l’application de ces dispositions.
    En outre, nous nous sommes inscrits de manière totalement volontaire dans
    plusieurs programmes nationaux. Le dernier en date est l’opération « un
    fruit à la récré » qui vise à distribuer une fois par semaine un fruit dans
    les écoles du Montmarin (avec un accompagnement éducatif réalisé par les
    enseignants).
    Depuis cette année, la municipalité a eu à coeur (sans aucun supplément pour les familles) d’inscrire nos restaurants scolaires dans une demarche bio. Ainsi, 3 fois par an un menu totalement bio est proposé aux élèves (le dernier ayant entièrement été préparé par une classe de l’école primaire des Rêpes) et depuis février, un produit bio laitier est distribué hebdomadairement.
    Le souci de la pause méridienne a été également au centre de nos préoccupations. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons depuis
    septembre 2008 harmonisé les horaires des écoles vésuliennes. Ainsi, les élèves disposent dorénavant de 1h45 de pause le temps de midi. Le transport en bus, quant à lui, est réalisé pour que l’acheminement des élèves soit réalisé en toute sécurité.

    J’espère avoir répondu avec précision à vos questions.
    Bien à vous,
    Stéphane PINI
    Adjoint en charge des Affaires Scolaires.

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