Blog-Notes d'Alain Joyandet

23 novembre 2007

La Sainte Catherine c’est dimanche!

A l’origine de cette fête, une légende intemporelle et un fait religieux associés à des raisons économiques. Petite leçon d’histoire.

Alexandrie, 4ème siècle après Jésus Christ. Suite à une apparition en rêve de la Vierge Marie, Catherine, jeune fille d’une beauté saisissante et d’une intelligence hors du commun, possédant un savoir allant de la biologie à la littérature en passant par les mathématiques, décide de faire vœu de chasteté et de consacrer sa vie à un Dieu qu’il est à l’époque interdit de vénérer. L’empereur la condamne pour avoir osé le refuser en mariage et réussi à convertir au christianisme les cinquante philosophes qu’il avait convoqués afin de lui faire entendre raison. Après son décès, elle devient entre autres la patronne des étudiants, des philosophes, des meuniers et des jeunes filles qui la supplient de leur trouver époux.

Vesoul, Moyen Âge. L’actuelle capitale de la Haute-Saône est alors un carrefour commercial incontournable. Depuis 1295, la foire aux bestiaux s’organise tous les 25 novembre, date de l’exécution de Catherine. Manifestation paysanne par excellence, elle choisit ce jour pour ce qu’il représente : la fin des travaux des champs. Les agriculteurs et éleveurs viennent y vendre leur surplus et acheter ce qu’ils ne produisent pas eux-mêmes. La coutume veut qu’ils ramènent à la maison un petit cochon à engraisser. L’opportunité de se détendre après de durs mois à la ferme.

Vesoul, de nos jours. Sur les quelques foires autrefois organisées, celle-ci est la seule qui nous soit restée. Après 700 ans, la tradition se perpétue inlassablement. Le cochon est à présent figuré par une pâtisserie qui lui emprunte sa forme pour le plus grand bonheur des enfants qui verront leur prénom inscrit dessus. Les jeunes femmes seules de 25 ans se coiffent d’un chapeau confectionné pour l’occasion, en général par des amis ou des collègues, souvenir des confréries de jeunes filles qui, le jour anniversaire de sa mort, déposaient une coiffe sur la statue de Sainte Catherine en l’implorant. La place Renet abrite toujours le marché du bétail : chevaux, vaches, cochons. Dès le petit matin, les commerçants vantent leurs produits, qu’ils soient fruits, vêtements, outils ou autres. Les habitants de la ville, de ses environs, et même de plus loin réservent avec soin cette journée pour la passer au centre ville devenu piéton pour l’occasion.

Pluie, vent ou soleil, quel que soit le temps, on assiste chaque année au même rituel : dans la nuit, les camions arrivent, les boutiques se mettent en place, puis les premiers acheteurs font leur apparition tôt le matin. Les quelques courageux sont ensuite rejoints par vague après vague de visiteurs jusqu’à former une véritable marée humaine dans les rues. Alors peut réellement commencer la journée, avec ses négociations sur tel ou tel produit, son ambiance de fête, ses ventes, et ce jusqu’au soir, ou les exposants rangeront leurs échoppes jusqu’à la prochaine fois.

La foire de la Sainte Catherine à Vesoul, c’est dimanche et on attend plus de 50 000 visiteurs, plus de 850 stands (200 pour l’habillement, 50 pour l’alimentation, 50 pour l’artisanat, 30 pour la bijouterie et la parfumerie…) Les exposants viennent de Belfort, Montbéliard, Besançon, Dijon, Paris, Mulhouse, Colmar, et bien sûr de Vesoul, les commerçants locaux, soutenus par Claudine Gillot, maire-adjoint aux commerces, s’installant eux aussi sur les trottoirs.

Le 25 novembre, c’est également de nombreux jours de travail pour les services municipaux qui l’organisent. Blocage des rues, distribution et marquage des emplacements, installation des barrières, surveillance des entrées de la ville, déplacement des véhicules mal stationnés… la signalisation se met en place la veille à partir de 2 heure du matin, le nettoyage se termine le lendemain aux alentours de 1h30. Entre les deux, la préoccupation principale est la sécurité.

Véhicules de secours et police municipale assurent une journée sans incidents.

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