Blog-Notes d'Alain Joyandet

Blog des Régionales

27 septembre 2007

Vesoul : l’aménagement de la RN19 en question

Mes chers collègues,

Comme vous le savez déjà, nous avons obtenu des avancées importantes pour le désenclavement de notre département et donc pour l’agglomération vésulienne.

S’agissant de l’aménagement de la traversée de Vesoul, la concertation publique menée par les services de l’Etat va commencer pour se terminer à la fin de l’année. Une réunion publique est organisée par l’Etat le 12 octobre prochain au Théâtre. Avant cette réunion, j’ai souhaité donner des informations au Conseil municipal.

Pour bien comprendre les évolutions de ce dossier, revenons 10 ans en arrière.

En 1996, le Président de la République avait arbitré la création d’une autoroute entre l’A31 à Langres et la frontière suisse à Delle, en passant bien évidement par Vesoul.

Ce barreau, classé depuis 1992 grande liaison d’aménagement du territoire au schéma national routier, a bien sûr un intérêt stratégique pour notre agglomération sur lequel je ne reviendrai pas. Chacun en est convaincu, en premier lieu les 4000 salariés qui dépendent directement de la logistique et donc de la qualité de nos dessertes routières entre autres.
En 1998, en raison de changement de politique nationale, le projet de concession autoroutière fut, comme vous le savez, converti en voie express financée par définition sur le budget de l’Etat.

Le tracé reprenait alors celui de l’actuelle RN19 sauf pour la partie entre Lure et Belfort via Ronchamp, délaissé au profit de la mise à 2×2 voies des sections de la RD 438 entre Lure et Héricourt.

Souvenez-vous, nous nous étions alors étonné, voire agacé, que l’agglomération vésulienne soit représentée par une sorte de bulle blanche pour laquelle rien n’était défini. Nous avions alors demandé à l’Etat d’engager des études claires, qui permettent de présenter aux vésuliens des options de franchissement de l’agglomération. J’y reviendrai un peu plus tard.

Les premiers investissements sur la RN19 ont été formalisés dans une convention portant sur la période 2000-2006 et qui prévoyait :

  • Pour la section A36-Suisse : études et travaux.
  • Pour la section Vesoul – A36 : études, acquisitions foncières et je cite « un maximum de travaux, dans la limite des financements engagés par la convention », soit un petit tiers du coût du projet.
  • Pour la section A31-Vesoul : études et acquisitions foncières.

Aujourd’hui en 2007, vous avez pu constaté que les travaux se sont engagés à l’Est de Lure mais que rien n’a pu être accompli dans le centre et l’ouest du département.

C’est en anticipant ce constat, que dès 2002 nous avons engagé une proposition alternative pour la section A31-Vesoul qui puisse nous faire gagner 15 ans de désenclavement pour Vesoul et la Haute-Saône. Le tout sans pour autant remettre en cause les travaux démarrés à l’Est : l’esprit de cette initiative était bien de faire avancer les travaux, pour l’intérêt général.

48 parlementaires, toutes sensibilités politiques confondues, regroupés au sein de l’association ACLR que j’ai l’honneur de présider, se sont engagés pour demander au ministère de l’équipement la réalisation d’une concession autoroutière entre Langres et Vesoul.

Finalement, après d’importantes négociations entre les cofinanceurs, Etat et collectivités territoriales, un protocole d’accord a été signé le 3 juillet 2006 à Vesoul en présence du ministre de l’Equipement.

Comme je le disais, sans pour autant remettre en cause le programme de travaux à l’Est, cet accord prévoit donc la réalisation d’une concession autoroutière de Langres à Vesoul à l’horizon 2018, mais aussi la réalisation par anticipation des déviations de Port-sur-Saône et Langres respectivement en 2014 et 2016.

Voila en ce qui concerne le projet autoroutier. C’est donc désormais acté.

Comme pour tout projet routier d’ampleur, l’Etat a saisi la Commission nationale du débat public qui s’est prononcé en décembre dernier sur la totalité du projet pour lequel il n’existe pas encore de déclaration d’utilité publique : à la fois sur la section A31-Vesoul mais aussi sur les options de franchissement de l’agglomération vésulienne.

La CNDP n’a pas demandé l’organisation d’un grand débat public au sens juridique du terme mais une concertation publique qui a d’ores et déjà débuté pour le projet autoroutier et qui commencera le 12 octobre prochain pour le franchissement de l’agglomération vésulienne.

Dans ce cadre, je souhaite donc vous donner des éléments d’information pour que chacun puisse appréhender les enjeux pour notre ville.

Comme je l’évoquais tout à l’heure, l’Etat a engagé sur notre demande des études pour trois options principales de franchissement de l’agglomération vésulienne :

  • L’aménagement sur place de la RN19 en configuration de voie express.
  • Un contournement nord court dont le tracé passe par le plateau du Sabot et la plaine de Coulevon.
  • Un contournement nord long dont le tracé passe entre Comberjon et Colombier pour retrouver ensuite le carrefour de la Vaugine.

Voici quelques chiffres sortis des modèles informatiques de l’Equipement et qui permettent de saisir les impacts sur les trafics automobiles et poids lourds :

  • L’aménagement sur place de la RN19 captera plus de 30 000 véhicules légers et près de 4000 poids lourds.
  • Le contournement court captera plus de 15000 véhicules et près de 3500 poids lourds.
  • L’option de contournement long capte quant à elle moins de véhicules (11 100 VL) mais presque autant de poids lourds (3 230 PL).

Vous remarquerez que dans le cadre du contournement quel qu’il soit, la RN19 actuelle sera donc délestée de son trafic de transit :

  • Le trafic automobile chuterait de plus de 50%.
  • Le nombre de poids lourds serait tout simplement divisé par 8 !

Enfin, quelques chiffres sur les estimations de coûts de l’infrastructure routière :

  • 87 M€ dans le cadre de l’aménagement sur place.
  • 196 M€ pour le contournement court (lié à la réalisation d’un tunnel sous le sabot et un viaduc).
  • 120 à 140 M€ pour le contournement long.

Ces estimations représentent le coût brut de l’infrastructure routière qui sera financée par le maître d’ouvrage, l’Etat, et les collectivités territoriales, cofinanceurs.

Elles n’intègrent pas l’ensemble des charges publiques nécessaires à la mise en œuvre du projet.

En effet, si dans le cadre du contournement, il s’agit bien d’une infrastructure routière en rase campagne, livrée tel qu’elle, le scénario de l’aménagement sur place doit être appréhendé sous un tout autre angle.
Le projet ne doit pas consister à livrer une voie express neuve en plein milieu du tissu urbain avec son lot de démolitions environnantes et de terrains vagues, mais il s’agit au contraire de réaliser un projet urbain pour tout ce secteur de la ville au sein duquel une route doit s’insérer.

La méthode est radicalement différente : il s’agit de faire de la ville et non de la route. On verra ainsi que les estimations financières sont alors bien différentes une fois que le coût du projet urbain sera réintégré à celui de l’infrastructure routière. Sans doute plusieurs millions d’euros.

Je souhaite d’ailleurs que ce projet urbain, nécessaire à l’intégration de la 2×2 voies, soit chiffré sérieusement en précisant les modalités de son financement. Une chose est d’ores et déjà certaine : la collectivité locale n’a pas les capacités de prendre en charge un tel projet.

J’ai donc d’ores et déjà indiqué à l’Etat que je souhaitais que les trois options soient clairement abordées différemment, je le répète, car cela me parait fondamental :

  • Dans le cas des deux options de contournement, nous sommes dans des projets routiers.
  • Dans le cas éventuel de l’aménagement sur place, nous sommes dans un scénario de grand projet urbain qui intègre une route.

C’est une approche radicalement différente.

Sur le plan de la procédure, je vous propose que nous participions évidement à la concertation publique.

A la lumière des éléments d’information, nous délibérerons pour prendre une position définitive sachant qu’à titre personnel, je me suis toujours prononcé pour le contournement nord court.

Voilà mes chers collègues, je tenais à vous faire cette communication au moment où s’engage cette concertation.

Je vous remercie.

Alain JOYANDET

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19 septembre 2007

Ma contribution écrite à la concertation publique sur le projet autoroutier Langres-Vesoul

Concertation publique sur l’aménagement de la RN 19 entre A31 (Langres) et Vesoul


Contribution d’Alain Joyandet

Député de la Haute-Saône, maire de Vesoul
Président de l’Association pour la Construction
d’une Liaison Rapide Langres-Vesoul-Delle

 »La Commission nationale du débat public a décidé en décembre 2006 de ne pas organiser de débat public au sens juridique du terme mais a recommandé à l’Etat l’organisation d’une concertation publique pour que chacun puisse s’informer et s’exprimer sur le projet de création d’une autoroute Langres – Vesoul ouest à l’horizon 2018.

L’aménagement de la RN19 de Langres à Delle via Vesoul fut acté en 1996 par la réalisation d’une autoroute. En 1997, à l’occasion d’un changement de gouvernement, le projet fut remplacé par celui d’une voie express. Le rythme d’avancement des travaux engagés depuis 2000 ne prévoyait pas une mise en service du tronçon Langres-Vesoul dans des délais convenables, notamment au regard des contraintes et attentes des acteurs économiques locaux fortement dépendant de la logistique.

En 2003, de nombreux parlementaires se sont rassemblés au sein de l’association ACLR que je préside.

Nous avons obtenu des financeurs (Etat et collectivités régionales et départementales) de lancer la réalisation d’une concession autoroutière entre Langres et Vesoul à l’horizon 2018, avec la réalisation dès 2014 de la déviation de Port-sur-Saône qui sera par la suite reversée en apport en nature à la concession.

Ces décisions apportent un gain de 10 à 15 ans dans les délais de réalisation de l’infrastructure.

Aujourd’hui, la procédure d’élaboration est lancée. Avant l’engagement plus poussé des études, la Commission nationale du débat public a été réglementairement saisie. Elle a décidé de ne pas organiser de grand débat public mais une simple concertation qui doit permettre encore une fois de gagner plusieurs mois dans la procédure administrative.

Dès la fin de la concertation publique en décembre 2007, le ministère de l’Equipement, maître d’ouvrage des opérations, doit donc sans délai engager les études d’avant projet sommaire qui doivent précéder la déclaration d’utilité publique et la désignation du futur concessionnaire.

Telle est ma contribution à cette concertation publique : chaque étape de la procédure d’élaboration de ce projet désormais actée par l’ensemble des décisionnaires doit être engagée sans point mort dans le seul but d’optimiser les délais et gagner du temps pour l’agglomération vésulienne et la Haute-Saône. »

Vesoul, le 19 septembre 2007

Alain Joyandet
Député-Maire de Vesoul

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18 septembre 2007

Une rentrée parlementaire studieuse

Conformément à l’engagement pris par le président de la République pendant la campagne présidentielle, ce texte renforce les instruments juridiques d’une politique volontariste de l’immigration et assure un meilleur encadrement du regroupement familial.

Il s’articule autour de trois dispositions majeures :

1. L’instauration d’une préparation au parcours d’intégration. Les personnes souhaitant rejoindre la France dans le cadre du regroupement familial, ainsi que les conjoints de Français, seront soumis à une évaluation de leur degré de connaissance de la langue française et des valeurs de la République. Si le besoin en est établi une formation sera délivrée préalablement à l’arrivée en France, dans le pays d’origine.

2. La création d’un « contrat d’accueil et d’intégration pour la famille », conclu entre l’Etat et les parents d’enfants bénéficiaires du regroupement familial. Il explicitera les droits et les devoirs de chacun. Le non-respect du contrat pourra entraîner des mesures d’accompagnement.

3. La détermination d’un montant de ressources suffisant pour élever sa famille.

J’ai souhaité intervenir lors de la discussion dans l’hémicycle pour souligner les apports indiscutables de ce projet de loi.

Je me suis également exprimé afin que l’attention soit portée sur les parents en voie d’expulsion dont les enfants sont scolarisés. En effet, je reste préoccupé par la question de la régularisation des familles dont les enfants sont scolarisés en France. La décision de ne pas considérer la scolarisation comme un motif de régularisation est compréhensible, afin notamment de ne pas créer une nouvelle filière d’entrée. Néanmoins, nombreuses sont les familles en situation irrégulière qui essayent malgré tout de s’intégrer à la société française et à ses valeurs. Leur situation de détresse ainsi que la promesse d’un avenir meilleur pour leurs enfants doivent être prises en compte, au cas par cas, avec attention.

J’ai également souhaité signer quatre amendements, pour permettre que les femmes battues soient mieux protégées lorsqu’elles demandent un titre de séjour.
En effet, aucune disposition n’était prévue pour elles et je tenais à ce que ce texte ne les oublie pas. C’est chose faite puisqu’ils ont été adoptés par l’Assemblée Nationale.

Alain Joyandet

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